Permis de détruire un film d’Éric Fraticelli
En signant Permis de construire (2020) et Le Clan (2023), Eric Fraticelli entrait dans la cour des réalisateurs de comédies populaires au sen noble du terme, s’approchant au plus près des marges les plus simples de la société avec tendresse et une authentique émotion. Ce Bastiais de naissance revient pour son dernier opus dans l’Île de Beauté et franchement nous en salivions d’avance tant Permis de construire est une véritable réussite.

Patrick Timsit (Olivier), Kad Merad (Dominique) et Eric Fraticelli (Santu) – ©Marvelous Production
Que s’est-il passé ? Eric Fraticelli nous offre aujourd’hui un film rassemblant les pires défauts du 7e art : scénario partant dans tous les sens, images sans grand intérêt, montage à la hache, acteurs surjouants, dialogues entendus cent fois, situations plus que prévisibles et, pour couronner le tout, un portrait des Corses qui se passe de commentaires, par charité… Et tout cela pour raconter quoi ? Olivier, dentiste de son état, est installé en Corse depuis une dizaine d’années. Il s’imagine plus autochtone que les vrais Corses et construit comme il peut son cabinet médical. Il est rejoint par un ami parisien, Dominique, en instance de divorce, psy de profession, qui compte bien, lui aussi, intégrer ledit cabinet. Mais voilà que dans cette Balagne chérie va s’édifier une centrale électrique fonctionnant au fioul lourd. Olivier décide alors de faire sauter la villa de l’ingénieur prenant la direction du complexe industriel, contre l’avis des natifs de l’île qui se savent en péril concernant leur alimentation en énergie. N’est pas terroriste qui veut ! La suite est une accumulation de clichés consternants incapables de dérider le public. Patrick Timsit a du mal à convaincre en dentiste poseur de bombe et Kad Merad, se banalisant dangereusement en envahissant littéralement grand et petit écran, déroule son jeu placide en psy revenu de tout. On retrouve ici pas mal d’acteurs fidèles à ce réalisateur dont Jean-François Perrone, irrésistible dans Permis de construire, mais pour le coup incapable de faire juste sursauter nos zygomatiques. C’est dire !
Un film dispensable !

