Le photographe toulousain Jacques Mataly expose à la galerie Ombres Blanches sa vision de « L’horizon incertain », à savoir des images le plus souvent couleur qui sondent la ligne de fuite entre la mer et le ciel. Jusqu’au 31 juillet, un voyage au cœur de l’infini propre à stimuler l’imaginaire.

Jacques Mataly – Photo JMLS
Ses photographies d’horizon qui tutoient l’abstraction, Jacques Mataly les avait déjà présentées à Toulouse, au Château d’Eau et à la galerie de la librairie Ombres Blanches. C’est dans ce dernier lieu, comme on arrive à bon port, que l’artiste expose ses derniers travaux, grands formats qui caressent bien des tonalités de bleu, d’orange, de vert, de noir ou de gris. Avec, en complément, quelques plus classiques tirages noir et blanc creusant à leur manière la géométrie et les contrastes.
Ces horizons, le photographe toulousain en a fait une obsession depuis plus de trois décennies. « Aux origines, il y a un voyage en Afrique en 1991, raconte Jacques Mataly. Après une journée de boulot, en tournage, nous nous sommes installés sur une plage au nord du Gabon. Il faisait très chaud, très humide. Nous étions bien crevés. La lumière fuyait vers l’horizon. J’ai pris une photo sans penser que cela prendrait une telle importance pour moi. »

« Supprimer toute anecdote »
Peu à peu, « très progressivement », l’artiste renouvelle l’expérience en affinant le procédé, cherchant inlassablement à « rendre visible la ligne d’horizon » tout en s’ouvrant à « l’invisible qu’il y a derrière ». Jacques Mataly opère à l’aube, muni d’un lourd matériel 6X6, à savoir un Hasselblad (la Rolls de ces appareils de haute précision), des objectifs et un pied. De quoi vous ruiner le dos, ce dont souffre d’ailleurs l’intéressé. Les amateurs de technique apprécieront de savoir que la pose va de 1/500e à trois ou quatre minutes. Les curieux d’exotisme pourront imaginer notre homme en train de saisir l’insaisissable sur les côtes du Portugal, d’Espagne, d’Italie, d’Angleterre ou des Caraïbes. Mais ils n’en sauront pas car les lieux de prise de vue (vendons la mèche : c’est Tanger pour les derniers grands formats) importent peu. « Je ne mentionne jamais l’endroit, ce serait hors sujet. Il est essentiel de laisser toute la place à l’imaginaire de celui qui regarde. Pour cela, il faut supprimer toute anecdote, rendre les photographies les plus simples possible. »

Un travail de coloriste « à l’ancienne »
Magnifique travail de coloriste, la série de Jacques Mataly ne doit rien aux manipulations numériques. « Je sais envoyer des mails, guère plus, s’amuse-t-il. Ma photographie est d’essence argentique. Je joue avec ce dont je dispose : le choix des films, le jeu avec leur sensibilité, le type de développement. Pour autant, les tirages grand format sont désormais numériques, directement imprimés sur Dibond (support aluminium, NDLR). La palette de couleurs est très large ; elle me sert à traduire cette multiplicité d’options lumineuses que nous offre la nature. »
Exposition « L’horizon incertain », de Jacques Mataly, jusqu’au 31 juillet à la galerie Ombres Blanches (3, rue Mirepoix), Toulouse. Entrée libre. Catalogue édité par L’Atelier Contemporain (162 pages, 39 euros).


