Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Alice dans les villes de Wim Wenders
Un journaliste allemand, Philip Winter, arpente les Etats-Unis en vue d’un reportage très personnel autour des lieux traversés. L’inspiration n’est pas au rendez-vous. Il prend des polaroïds à la chaîne. A cours de ressources, il s’apprête à rentrer en Allemagne, mais à l’aéroport de New York, une grève a annulé les vols. Là, il fait la connaissance d’une compatriote, Lisa, accompagnée de sa fille Alice âgée de neuf ans.

Ils prennent une chambre d’hôtel avant d’emprunter le lendemain un vol pour Amsterdam, mais au petit matin, Lisa a disparu et a laissé un mot priant Philip d’accompagner Alice jusqu’à Amsterdam où elle les rejoindrait un peu plus tard. Cependant, la mère n’est pas au rendez-vous et le tandem improvisé formé par l’homme et la fillette va prendre la direction de l’Allemagne en espérant retrouver les grands-parents d’Alice.
Brouillon de Paris, Texas
Quatrième film de Wim Wenders, Alice dans les villes, sorti en 1974, est une œuvre emblématique d’un certain cinéma d’auteur de son époque et contribua à établir le statut du cinéaste allemand. Lent, erratique, opaque (à l’instar de ses personnages) : le film enchaîne des épisodes du quotidien et des séquences anodines dans un naturalisme auquel la photographie en noir et blanc de Robby Müller (chef-opérateur attitré de Wenders, mais qui collaborera aussi avec Peter Bogdanovich, William Friedkin, Jim Jarmusch ou Lars von Trier) confère un aspect éthéré.

L’opposition de caractères entre la gamine et le journaliste (Rüdiger Vogler, acteur-fétiche du metteur en scène) est le prétexte à de micro-événements au fil d’un scénario qui souffre du même mal d’inspiration frappant le personnage principal. Wim Wenders filme l’ennui de façon ennuyeuse, fait songer au Michelangelo Antonioni de L’Avventura pour sa capacité à dilater le temps autour du vide. Archétype du road movie, Alice dans les villes est intéressant dans la mesure où il apparaît comme un brouillon mal dégrossi de Paris, Texas qui décrochera la Palme d’or dix ans plus tard et qui demeure le chef-d’œuvre absolu de Wenders.
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS


























































































































































































































































