André Manoukian aime partager ses passions musicales, à la télévision, bien sûr, dont il est un visage connu depuis des années, mais aussi en concert, parfois en duo (notamment avec son ami Jean-François Zygel), souvent avec un ensemble musical à géométrie variable selon les projets. Le mercredi 14 octobre, le pianiste, arrangeur, animateur (parmi d’autres activités) sera sur la scène d’Interference, à Balma, pour nous raconter sa « Sultane », issue de son dernier album éponyme, sorti il y a un an tout juste. Superbe voyage en perspective.

André Manoukian © Antoine Jaussaud
Avec « La Sultane », André Manoukian rend hommage à la musique arménienne, immense source d’inspiration qui le ramène à ses racines familiales. « Ma Sultane, c’est ainsi que ma mère appelait ma petite sœur avant de la dévorer de baisers, raconte-t-il. Un mot turc pour exprimer l’amour débordant des mères arméniennes envers leurs filles. Les garçons avaient droit à : mon Pacha.» »
Ce spectacle, le pianiste l’avait donné pour lancer le festival Cosmojazz, à Luchon, fin juillet dernier, dans le cadre d’une manifestation qu’il programme et dirige. La scène avait été installée devant les Thermes et un large public avait pu s’immerger dans un monde source d’enchantement. Car André Manoukian n’est pas seulement un excellent musicien. Il sait, de sa voix douce si reconnaissable, raconter l’histoire derrière les notes, la vie qui bat – et les souffrances des hommes aussi – au cœur des mélodies. L’artiste, si souvent vu à la télévision, a le grand mérite de savoir souvent s’effacer devant le grand talent de ceux qu’il a choisis pour l’accompagner. Il dirige certes la manœuvre, avec la virtuosité qu’on lui connaît, mais laisse une belle place à chacun des hommes visiblement heureux de partager le plateau avec lui.
C’est ainsi, qu’entre musique arménienne et jazz modal, Orient et Occident, les compositions d’André Manoukian sont notamment soutenues par le phrasé spectaculaire des tablas indiens de Mosin Kawa et le violoncelle de Guillaume Latil, et « dessinent un horizon sans frontières, des arabesques levantines comme autant de routes initiatiques, de labyrinthes, de méandres, qui semblent épouser les plis et replis de nos mémoires », ainsi que l’écrit joliment André Manoukian.
« La Sultane » a trouvé un écrin idéal avec la salle Interference de Balma, dont l’acoustique est parfaite, ainsi que nous l’avons constaté plusieurs fois.
« La Sultane » avec André Manoukian et ses musiciens, mercredi 14 octobre à 20 heures, salle Interference à Balma. Tarif : 44 euros.


