Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Marathon Man de John Schlesinger
Sorti en 1976, Marathon Man fut l’un des thrillers marquants de son époque que le temps a transformé en un classique. On y découvre Thomas Babington Levy, alias Babe, étudiant juif new-yorkais, passionné de marathon (le détail aura son importance). Ce doctorant en Histoire travaille sur la période du maccarthysme qui poussa son père à se suicider. Entre sa petite amie, une universitaire suisse, et son frère aîné Henry, qui passe pour un homme d’affaires, Babe va être entraîné malgré lui au cœur d’un complot criminel remontant à la Seconde Guerre mondiale…

Lauréat de trois Oscars en 1970 (dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur) pour Macadam Cowboy, John Schlesinger signe avec Marathon Man son film le plus abouti. Le cinéaste d’origine britannique brouille les pistes, conduit plusieurs récits parallèlement, s’offre des digressions. On songe ainsi aux scènes parisiennes où la capitale apparaît engorgée d’embouteillages, de manifestations, de déchets et de sacs-poubelle amoncelés sur les trottoirs (comme quoi, rien n’a vraiment changé en cinquante ans).
Paranoïa
Adapté d’un roman de William, le film met en scène des personnages qui tous – à l’exception de Babe – pratiquent le mensonge et la manipulation. Une officine d’Etat – « La Division » – œuvre dans l’ombre. Un ancien criminel de guerre nazi doit récupérer son trésor de guerre (des diamants) conservé dans un coffre à New York. Schlesinger instaure un climat d’angoisse, de paranoïa et même de terreur avec un art très hitchcockien où les décors, le sens du cadrage et du montage sont admirablement utilisés.

On se souvient par ailleurs qu’Hitchcock disait qu’au cinéma plus le méchant est méchant et plus le film est réussi. En voici la preuve ici avec Laurence Olivier campant un inoubliable nazi, le docteur Szell, inspiré par Josef Mengele. Sa réplique fétiche lors d’une scène de torture (« Is it safe ? », « C’est sans danger » en version française) est devenue culte. La séquence de la fausse évasion est un modèle du genre. Celle où Szell se rend dans le quartier juif des diamantaires de New York n’est pas mal non plus. Face au tandem Dustin Hoffman (impeccable malgré son âge avancé – près de quarante ans – pour jouer un étudiant) / Laurence Olivier, les seconds rôles – Roy Scheider, Marthe Keller, William Devane – sont remarquables.
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS
























































































































































































































































