Pressure un film d’Anthony Maras
Pour son second film, le réalisateur australien Anthony Maras nous plonge au cœur de ces heures qui ont précédé l’opération Overlord, le débarquement en Normandie des troupes alliées. Ces heures nous allons les vivre au gré des prévisions météos. Un suspense sidérant, même si nous connaissons la fin.

Brendan Fraser (Eisenhower) et Andrew Scott (Stagg) – ©Alex Bailey
Southwick House, QG des forces alliées. Toutes les étoiles possibles sont réunies autour du général Eisenhower (Ike), commandant suprême. L’opération Overlord va être lancée dans quelques jours, le 5 juin 44. Sauf que le chef météo, le Britannique James Stagg (1900-1975), n’est pas du tout d’accord car ses prévisions sont catastrophiques pour cette date. Il s’oppose vivement à un autre météorologue, l’Américain Irving Krick (1906-1996) qui, lui, ne travaille que sur statistiques. Soulignons que dans ce film n’apparaît pas (?) un autre météorologue ayant participé à l’opération, le Norvégien Sverre Petterssen (1898-1974). Commandant des forces terrestres alliées, le Britannique Bernard Montgomery, véritable va-t’en guerre, pousse Ike à l’attaque malgré les prévisions de Stagg. Or le général Eisenhower est encore sous le coup de l’opération Tigre qui, en avril 44, a coûté la vie à 749 soldats américains, une manœuvre en vue d’un entrainement à l’opération Overlord qui, suite à de nombreuses erreurs, des défaillances de toutes sortes, des accidents et l’intervention surprise de vedettes lance-torpilles allemandes s’est soldée par un bain de sang. Après des affrontements épiques entre généraux, amiraux et météorologues, Ike finit par se rendre aux conclusions de Stagg. On connait la suite.
Mené avec une maitrise absolue du timing, Pressure, adaptation de la pièce de théâtre éponyme de David Haig, fait partie de ces films qui entrent dans l’histoire du cinéma et dans l’Histoire tout court, à l’image des deux opus d’Antonin Baudry sur La Bataille de Gaulle. Ces films nous démontrent, si besoin est, combien les pires des scénarios sont toujours possibles et qu’ils tiennent souvent à un fil.
L’irlandais Andrew Scott incarne ici un James Stagg s’opposant de toute la force de son savoir, de ses convictions et de son courage aux plus puissants. Une leçon ! Brendan Fraser est assez surprenant en général Eisenhower en proie à ses cauchemars et à ses doutes. Chris Messina est parfait en Irving Krick, l’Américain arrogant et sûr de son affaire en consultant des événements météos vieux de plusieurs décennies…
Une reconstitution magnifique achève de faire de ce film un monument à voir de toute urgence.

