Chaque année, Marionnettissimo réunit plus de 10.000 spectatrices et spectateurs autour de l’art de la marionnette et des formes animées. L’évènement repart de plus belle, du 17 au 22 novembre 2026, avec plus de 70 représentations à travers la région toulousaine. Cette fois encore, les promesses sont diverses : célébrer la richesse de la création contemporaine, faire dialoguer des talents d’ici et d’ailleurs, ou encore offrir un reflet de notre monde.

Alberta Tonnerre © Christophe Vandercam
Un festival à la fois international et passionnément toulousain (au sens large). Cette année encore, Marionnettissimo s’apprête à réunir des compagnies locales, nationales et mondiales, sur de nombreuses scènes de la couronne toulousaine. Du 17 au 22 novembre prochains, l’évènement signera en effet sa 29è édition, marquée par la programmation de 70 représentations sur 28 scènes, dans neuf villes partenaires. Plus de 10.000 spectatrices et spectateurs sont donc attendus, une fois de plus, pour vibrer au rythme de la marionnette et des formes animées.
Cet art à part entière sera mis en lumière grâce à un dialogue finement ficelé entre des talents de toutes contrées, mais aussi à travers des thématiques fortes. Les artistes s’emparent notamment de sujets tels que la maternité, le deuil, la folie, et plus largement : la vie. « Dans le contexte politique et social actuel, les spectacles programmés cette année se font le reflet direct de notre monde », mentionne également l’équipe du festival. Ce que l’humain traverse, intimement et collectivement, trouvera donc ici une véritable vitrine, pour mieux tendre un miroir au public et à la société.
Temps forts et créations récentes
Parmi les temps forts de Marionnettissimo 2026, la soirée d’inauguration organisée le 19 novembre à l’Escale de Tournefeuille, suivie du spectacle d’ouverture, « Epidermis Circus », présenté par la compagnie canadienne SNAFU. Une entrée en matière qui promet de transporter les spectatrices et spectateurs dans un univers à la fois univers surréaliste, drôle et époustouflant. Autre rendez-vous incontournable : la Mario’Night cosmique, imaginée avec l’Accidental Cie, entre happenings marionnettiques et autres guet-apens artistiques.
Bien sûr, de nombreuses créations récentes jalonnent le menu de l’évènement. « Venez découvrir six spectacles qui ont vu le jour cette année ainsi que deux présentations en avant-première de création qui feront leur première officielle en 2027 », invite d’ailleurs l’organisation. Tout cela avant le clou du spectacle, le 22 novembre, à savoir « Cosmos 1979 S2 E17 » de la compagnie Volpinex. Une histoire de station spatiale, de déchets radioactifs, d’extraterrestres, et bien plus encore. En bref, Marionnettissimo servira une large palette d’émotions à tous types de publics.
Cinq questions à Vanina Montiel, directrice artistique de Marionnettissimo

Avant toute chose, quel bilan tirez-vous de la précédente édition ?
On est très contentes de la précédente édition. On a accueilli 23 compagnies, dont 6 étaient accessibles au public sourd. Un public pour lequel on a une attention toute particulière à Marionnettissimo. C’était une édition particulièrement axée sur la création, avec des spectacles tout neufs : 14 avaient vu le jour en 2025 ! C’est aussi un choix très affirmé de notre part. Le bilan en termes de fréquentation est très bon, puisque les 50 représentations du festival étaient toutes presque complètes, avec plus de 10.000 spectateurs. C’était également une édition très axée sur le thème du combat. Ce qui était très d’actualité l’année dernière, et qu’on revendiquait très fort, l’est encore plus cette année.
En effet, cette année encore, la programmation répond au contexte politique et social. Quels étaient vos critères lors de la sélection des spectacles ?
Je crois que le théâtre de marionnettes, comme les autres disciplines artistiques, est un miroir vivant de la société. En règle générale, les artistes s’emparent de sujets sociétaux et politiques, pour transformer les réalités, travailler les imaginaires… Moi, je n’ai pas forcément de critères à proprement parler. Mais de fait, beaucoup de spectacles que j’ai pu découvrir cette année s’emparaient de sujets forts. C’est notamment le cas de deux spectacles programmés, qui traitent de la maternité avec des visions très affirmées.
On a par exemple le spectacle « Un souffle avant le virage » de la compagnie La Neige sur les cils, qui propose de s’interroger sur ce moment si particulier de la vie d’une femme, où l’on choisit de devenir mère ou pas. Et puis il y a « Post Party » de la compagnie Big Up, qui nous invite dans les douze heures d’une jeune mère en plein post-partum. Ce sont deux sujets très sociétaux, politiques. Je pense également à « Muraille » du jeune artiste Louis Ponsolle, qui décide de mettre en avant la question de la santé mentale chez les jeunes.

© Big Up Cie
Au sein de cette programmation engagée, quel est votre coup de cœur personnel de cette édition, et pourquoi cette création ?
Tout au long de l’année, on accompagne les compagnies régionales dans leur travail de création. On coproduit des spectacles, on accueille des compagnies en résidence à Tournefeuille, et ensuite on propose les spectacles en diffusion sur le festival. On a notamment accompagné l’Accidental Company, avec son spectacle « Nemesis », qui mêle cirque et marionnette, dans une réflexion collective autour de la mémoire, du pouvoir et de l’amitié. On le présentera le 20 novembre, à L’Usine de Tournefeuille, en partenariat avec La Grainerie, qui est aussi un de nos lieux partenaires. C’est un spectacle qu’on a vraiment accompagné de bout en bout, de ses origines jusqu’à sa diffusion. C’est vrai que ces créations sont dans nos cœurs d’une autre manière !
En parlant de partenaires, de nouvelles collaborations émergent cette année, notamment avec la Place de la danse CDCN de Toulouse et le NEUFNEUF festival. À quelle logique répondent ces nouveaux partenariats ?
Les partenariats font partie intégrante de l’ADN de Marionnettissimo. L’association n’a pas de lieu donc on collabore avec divers lieux partenaires, dont la Ville de Tournefeuille, qui est notre premier partenaire, et le cœur vivant du festival. Après, on collabore depuis toujours avec plusieurs théâtres et lieux culturels à Toulouse et sur tout le département de la Haute-Garonne. Et cette année, on a en effet un nouveau partenariat avec la Place de la Danse, le centre chorégraphique de Toulouse, et NEUFNEUF, un festival de danse qui a lieu en novembre, comme le nôtre. Ce dernier permet de croiser les disciplines, la danse et la marionnette, mais aussi d’interroger les gestes créatifs, et de mutualiser nos moyens de diffusion des œuvres.
On s’est vraiment associés autour d’un projet commun, qui est l’installation « 100% polyester ». Cette œuvre a été créée il y a presque 30 ans par Christian Rizzo et Caty Olive, et on la présentera à la Chapelle des Carmélites à Toulouse. Sur cette installation-là, on est justement au croisement entre les disciplines, dans une dynamique de mutualisation des moyens, pour donner à voir une œuvre magnifique à nos différents publics.
Dans cette idée de diversifier les publics, comment résumeriez-vous l’essence du festival à un public non-initié ?
Marionnettissimo, c’est une programmation éclectique. On essaie de mettre en avant toutes les formes de marionnettes et d’arts associés. Donc on peut découvrir du théâtre d’objets, du théâtre d’ombre, de la marionnette portée, et des mélanges entre les disciplines (cirque-marionnette, danse-marionnette…). Il y a notamment des rendez-vous en salle, mais aussi des spectacles gratuits, dont l’installation à la Chapelle des Carmélites. On a aussi Les Impromptus du festival, qui permettent au public de voir des propositions gratuites. Et Marionnettissimo, c’est plein d’à-côtés.

© Mathieu Lacout
On met en place beaucoup d’ateliers de construction, de fabrication et de manipulation, des stages, de la pratique amateur, des rencontres professionnelles, des présentations de projets… Et c’est vraiment pensé pour des spectateurices à partir de 6 mois jusqu’au public adulte. L’idée est de pouvoir découvrir la marionnette contemporaine sous toutes ses formes, tous et toutes, en plein cœur de novembre, dans une période compliquée. Le service public de la culture, comme de nombreux services publics, subit des baisses, et je crois que par les temps qui courent, une attention accrue à la culture, la curiosité, l’imaginaire, et tout ce qui peut nous rassembler, est très important. Marionnettissimo œuvre en ce sens.


