Yannick Haenel publie La Solitude des professeurs est infinie aux éditions Gallimard. Le périple d’un professeur en quête de changement.

Yannick Haenel © Francesca Mantovani / Gallimard
Jean Deichel est un jeune agrégé de lettres. Il ne lui reste qu’une année de stage pour devenir professeur. Pour cela, direction le collège Saint-Exupéry, à Mantes-la-Jolie. Sur place, il est quelque peu pris de panique. Parviendra-t-il à transmettre son goût de la littérature ? À l’université, on ne lui a pas appris à tenir une classe. Heureusement, il pourra compter sur sa tutrice, Ania – enfin, c’est ce qu’il croit. Le jour J, il arrive en avance, prêt à se lancer dans ce nouveau défi. Mais les événements ne se déroulent pas exactement comme il l’avait espéré.
De l’illusion à la désillusion
D’emblée, le proviseur, Bernard Streger, semble le prendre en grippe. Dès le premier jour, il le convoque pour le mettre en garde contre des attentes trop utopiques. Son adjointe, Mme Laguille, n’est pas plus avenante et ne lui facilitera pas la tâche. Jean est interloqué. Bref, il fera avec. Il rencontre également ses collègues et surtout Sabine, nouvelle comme lui, auprès de qui il trouve un peu de réconfort.
Les cours se succèdent, les classes aussi. Puis les années passent. Jean se retrouve balloté d’un établissement à l’autre. Tel est le sort des professeurs débutants. Et il faut tout recommencer, recréer des liens, s’adapter, garder la flamme. Or, cette routine devient de plus en plus étouffante. Jean se heurte aux difficultés du métier. Le manque de reconnaissance, parfois même la violence. Il tente de trouver sa place, de faire la différence. D’apporter de la joie à l’apprentissage. Mais son optimisme se fissure face à des élèves qui se désintéressent de ses cours ou, pire encore, à des collègues qui le lâchent. Jean ne tient plus qu’à un fil. Un fil prêt à se rompre.
L’écriture et la poésie, voilà les deux passions qui l’aideront à tenir debout. Et peut-être même à prendre une décision définitive. Yannick Haenel dépeint avec réalisme et relief les tourments de son personnage, sans cesse malmené. Comme un alter ego, celui-ci donne à voir les désillusions d’un métier pourtant censé être « le plus beau métier du monde ». Le roman devient dès lors un véritable plaidoyer qui met en lumière les conditions difficiles auxquelles sont confrontés les enseignants comme les élèves. Un récit passionnant, contemporain et percutant qui fait d’autant plus écho à la période actuelle.
La solitude des professeurs est infinie • Gallimard


