Sorte d’OVNI au dernier Festival de Cannes, « Hope » renouvelle avec une certaine malice le film de monstres, les rendant à la fois terrifiants et attachants. A réserver cependant à ceux qui ont le cœur bien accroché car, dans le registre tripes et boyaux, le réalisateur Na Hong-jin pousse le bouchon très loin.

Sus au monstre! Photo Plus M/Forged Films/Neon
« Pourtant, la journée avait bien commencé » : tel est l’ultime commentaire d’un boucher ensanglanté avant de clamser. Il est vrai que tout est rapidement parti de travers dans le petit port de Hope (« Espoir » en anglais – ironique évidemment) où officie le commerçant. Un monstre a déboulé, semant la terreur et multipliant les macchabées ; démolissant les maisons et balançant voitures et camionnettes comme autant de boîtes d’allumettes. Face à lui, un policier et son adjointe plus une brochette de chasseurs pas piqués des vers. Mais que peuvent-il contre un gros machin qui résiste aux balles et court comme un lapin ?
Intenses courses-poursuites
Le réalisateur coréen Na Hong-jin prend son temps (2h40 – sans doute trop) pour nous livrer les tenants et les aboutissants de son histoire abracadabrante, située, et ce n’est pas innocent, à la frontière de la Corée du Nord. Le fameux monstre, on ne le voit vraiment qu’au bout de 50 minutes de film. Il a de quoi faire peur, bien sûr, mais on perçoit chez lui comme un air d’humanité. Sort-il de la terre (il a un côté tronc noueux) ou vient-il de l’espace ? Inutile de vendre la mèche tout de suite, « Hope » réservant son lot de surprises. A l’exception de quelques scènes de confrontations dialoguées entre humains dépassés, le film enchaîne les courses poursuites, en ville et en forêt ; en voiture, à pied et même à cheval.
Imaginatif et réjouissant
C’est imaginatif et réjouissant – si l’on oublie une musique tonitruante et redondante – , la mise en scène de Na Hong-jin étant terriblement spectaculaire. En sus du suspense, le réalisateur instille une petite dose d’humour très noir, ce qui permet au spectateur de relâcher la pression quand la tension est à son paroxysme. Et pare ses créatures transformistes (n’en disons pas plus) d’une humanité qui pousse le spectateur à modifier sa perception des choses malgré tous les morts semés sur leur chemin.
« Hope », de Na Hong-jin, actuellement au cinéma.

