Dans le cadre du Festival de Toulouse, celui qui fut le “patron“ de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse pendant trente-cinq ans, jusqu’en 2003, retrouvera ses musiciens, quelques anciens et pas mal de nouveaux, pour un concert unique le samedi 2 juillet 2026, à 20h.

Michel Plasson en 1981 C- ollection Tino Barindelli
Cela ne pouvait se passer qu’à la Halle aux Grains, cette salle qu’il avait lui-même choisie en 1974, les possibilités du plateau du Théâtre du Capitole se révélant parfaitement inadéquates pour satisfaire ses ambitions à la tête de son Orchestre qu’il dirige alors depuis maintenant six années.
Ceux qui ont connu Michel Plasson alors directeur musical ne seront pas étonnés du contenu du programme exceptionnel qui nous attend en ce 2 juillet. Son amour inconditionnel pour la musique française fera rejaillir une fois de plus les pages de compositeurs connus mais aussi moins connus qu’il a âprement défendus tout au long de sa gouvernance. Un véritable prophète. De Berlioz à Sauguet en passant par Bizet, Duruflé, Saint-Saëns, Ravel et Dutilleux et Fauré et Chabrier et Satie et tant d’autres encore.

Michel Plasson dirigeant l’Orchestre national du Capitole – Fidélio à la Halle aux Grains / Collection André Cros
En travailleur acharné, il nous laisse en même temps, tant d’enregistrements de compositeurs célèbres mais aussi plus confidentiels, alors. Qu’il aura complété par des enregistrements d’ouvrages d’opéras français, Carmen bien sûr, qui ne fut pas le premier, mais qu’il ne voulait pas, osons-le mot, rater, et qu’il recula jusqu’à ce qu’il soit persuadé qu’alors, tous les ingrédients étaient réunis pour enregistrer enfin l’opéra français donné le plus souvent sur les scènes lyriques du monde entier. On n’oublie pas Guercœur de Magnard, Montségur de Landowski, Pâdmavati de Roussel.
Si l’aventure avec l’ONCT prit fin en 2003, ce n’est pas pour autant que LE chef mythique quitta l’estrade. Une forme de liberté lui permit alors de faire une carrière hors Toulouse toute aussi prenante, et débordante qui n’a jamais cessé sans oublier le soin constant porté à la Musique avec un grand M, sa soif inextinguible “ d’obtenir l’âme du son“ en chef d’orchestre français, véritable Don Quichotte toujours en quête de l’“inaccessible étoile“. Un peu plus de repos qu’avant mais toujours entouré de musique et de tous ceux qui la font, musiciens, chanteurs, et instrumentistes venant d’horizons divers.

Michel Plasson dirige l’Orchestre Lamoureux en 2018
Une vie “pétrie“ de musique, commencée comme pianiste et percussionniste, ayant fréquenté moult orchestres, se rendant compte de certains qui faisaient de la musique, d’autres pas du tout, se posant la question du pourquoi ça marche, pourquoi ça ne marche pas, d’où l’envie qui naît : diriger un orchestre. Le voilà primé au concours célèbre de Jeunes Chefs d’orchestre de Besançon, prix qui va décider de sa future carrière. Et voir peut-être, son rêve se réaliser : construire l’orchestre, SON orchestre. Banco, c’est Toulouse qui va l’exaucer, en 1968.
Les portes lui sont grand ouvertes pour rejoindre la lignée des Grands, de ceux qui ont marqué le temps, les Manuel Rosenthal, Pierre Monteux, André Cluytens, Argenta, Charles Munch, Jean Martinon, Igor Markevitch, Paul Paray, André Desormière. Mais, avec le temps car, il vous dirait : « Faire un chef d’orchestre exige du temps. Il faut l’apprentissage de la vie, et que la musique se laisse approcher. » Tiens donc !
Orchestre national du Capitole


