Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin
En 1896, dans le Klondike, la ruée vers l’or attire des foules de prospecteurs. L’un d’eux, un vagabond solitaire, en tentant d’échapper à une tempête de neige se réfugie dans la cabane isolée d’un dangereux criminel, Black Larsen, qui tente de l’en déloger. Arrive alors un chercheur d’or, Big Jim, qui envoie Larsen à la recherche de nourriture, mais ce dernier va tenter de s’emparer du filon découvert par Big Jim. Suivra une succession d’aventures…

Sorti en 1925, La Ruée vers l’or est – avec Le Kid – l’œuvre majeure de la période muette de Chaplin et compte des scènes devenues mythiques comme le repas de chaussure, la danse des petits pains et celle de la maison en équilibre au bord d’une falaise. Quant au scénario, il se présente comme une succession de séquences disparates et parfois répétitives. A l’inverse de Buster Keaton, l’autre génie comique de l’époque, dont la mise en scène utilise à merveille les grands espaces et la nature, Charlie Chaplin – particulièrement dans La Ruée vers l’or – se tourne vers des espaces clos (deux cabanes, un saloon) plus propices à son jeu d’acteur.
Rêve américain
Catastrophes, quiproquos, histoire d’amour : le canevas est bien connu et le personnage de Charlot évolue en terrain conquis. En dépit de son happy end, le film charrie, comme souvent chez Chaplin, une vision noire de l’humanité. Ici, l’instinct de survie peut virer rapidement à l’instinct de mort (Big Jim taraudé par la faim et des hallucinations veut manger son camarade d’infortune, Black Larsen est un tueur sans scrupules) tandis que Georgia (danseuse de saloon dont le héros est amoureux) et ses amies se moquent de ce vagabond plein d’illusions.

En outre, le rêve américain semble se limiter à l’appât du gain, à la fièvre de l’or, à la quête solitaire de la richesse. En 1925, Chaplin enrobe encore tout cela de bons sentiments et il faudra attendre Monsieur Verdoux en 1947 pour qu’il laisse libre cours à son pessimisme foncier. Si l’acteur et metteur en scène livra en 1942 une version plus courte et sonorisée de son film, c’est dans sa version originale muette, avec sa remarquable partition musicale, qu’il faut voir La Ruée vers l’or.
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS















































































































































































































































