Les Contrebandiers un film de Padraic McKinley
La Grande Dépression ronge l’Amérique. Roosevelt décide d’interdire la détention d’or sous forme de pièces, de lingots ou de certificats, sous peine d’amende et d’emprisonnement. En avril 1933, la Réserve Fédérale le rachète à vil prix : 20,67$ l’once et le remettra sur le marché un an après à 35$. Cette manœuvre spoliatrice a permis de relancer l’économie… Voilà la situation économico-politique.

Etham Hawke (Murphy) et Austin Amelio (Rankin) – Crédit : Fields Entertainment
Oregon, 1933. Murphy, jeune veuf en charge d’une petite fille galère pour survivre. Sur un malentendu il est emprisonné et son enfant confié à l’assistance publique. Sa prison est gouvernée par un certain Clancy. Repérant Murphy pour son courage au travail et son intelligence à gérer les pires problèmes, Clancy lui propose un deal. Avant que l’Etat vienne faire main basse sur le stock d’or d’une mine voisine, il le charge de former une équipe de quatre personnes afin de transporter les lingots de l’exploitation minière en lieu sûr. Moyennant quoi, il sera ensuite libre d’aller retrouver sa fille. Avec Rankin, Singh et Olson, trois autres prisonniers, plus deux accompagnateurs de la mine, le voilà parti à travers champs et forêts. Ils devront affronter les fermiers hostiles des propriétés traversées, mais aussi passer au-dessus d’un ravin sur un pont plus qu’instable, remonter une rivière servant de voie navigable pour les billots de bois. Tout cela a un parfum d’aventure à l’ancienne, avec de sérieux clins d’œil à quelques chefs-d’œuvre du 7éme art, dont le Delivrance de John Boorman (1972). Porté par des « gueules » incroyables : Etham Hawke (Murphy), Austin Amelio, Avi Nash et Lucas Lynggaard Tønnesen, les trois complices, ce film, dans lequel Russell Crowe est un Clancy qui tient de la figuration (!), pour aussi violent soit-il, est néanmoins un agréable divertissement pour cinéphile amateur de suspense et d’action.

