Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Pépé le Moko de Julien Duvivier
Dans la longue et riche filmographie de Julien Duvivier, bien des films sont de ceux qu’il faut avoir vus comme La Bandera, La Belle Equipe, Panique ou Voici le temps des assassins. Mais Pépé le Moko, sorti en 1937, brille d’un éclat particulier et constitue l’une des œuvres emblématiques du cinéma de l’entre-deux-guerres ainsi que l’un des grands rôles de Jean Gabin. Un caïd de la pègre parisienne s’est réfugié dans la Casbah d’Alger, sur les hauteurs de la ville, d’où il dirige son gang. La police le traque depuis deux ans, mais son repaire est inexpugnable. Lassé de sa compagne Inès, « Pépé le Moko » tombe sous le charme d’une touriste parisienne, riche et sophistiquée, de passage dans la ville. Voilà peut-être l’occasion pour les forces de l’ordre, épaulée par nombre d’indicateurs, de faire chuter le truand…

Jean Gabin dans Pépé le Moko
Dès ses premières images, le film frappe par son mélange de documentaire et d’exotisme, de quête de réalisme et d’artifice assumé, de pittoresque et de naturalisme. C’est tout l’art du réalisme poétique dont Pépé le Moko est l’une des incarnations avec la dimension tragique inhérente au genre. Un homme est en marche vers son destin inéluctable et l’un des enjeux consiste à captiver le spectateur malgré une issue attendue.
Film noir et mélodrame
Le film de Julien Duvivier – cinéaste de grand talent longtemps sous-estimé – bénéficie d’une interprétation de très haut niveau. D’abord avec Jean Gabin qui tient là l’un de ses rôles iconiques avec ceux du Quai des brumes de Marcel Carné ou de La Grande Illusion de Jean Renoir. Puis avec la kyrielle de seconds rôles comme Fernand Charpin (extraordinaire), Marcel Dalio, Saturnin Fabre ou la mythique chanteuse Fréhel. On n’oublie pas Mireille Balin dans le rôle de la séductrice fatale ou de l’excellente Line Noro qui joue le personnage le plus touchant du film – compagne délaissée et amoureuse de Pépé – et dont la suite de la carrière ne confirma pas les promesses entrevues.

Comme toujours, la mise en scène de Duvivier fait des merveilles, transcende les décors, impressionne par son art du cadrage. Le superbe noir et blanc joue des ombres et des lumières, saisit les visages de façon magique. Les dialogues étincelants d’Henri Jeanson fusent comme des balles. Bandit d’honneur, fougueux et mélancolique, gouailleur et tendre, brutal et romantique : Pépé le Moko demeure un héros inoubliable jusqu’à la scène finale de ce chef-d’œuvre qui marie le film noir au mélodrame amoureux.
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS










































































































































































































































