Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Mulholland Drive de David Lynch
Que choisir dans la filmographie de David Lynch ? Elephant Man, son deuxième long-métrage, qui le révéla au public et à la critique ? Sailor & Lula, manière de polar déjanté et Palme d’or en 1990 ? Une histoire vraie, son film le plus classique et le plus apaisé ? Optons plutôt pour Mulholland Drive, œuvre emblématique de l’univers tortueux du cinéaste sortie en 2001 et prix de la mise en scène à Cannes.

Naomi Watts et Laura Harring dans Mulholland Drive – © Universal Pictures
Est-il réellement indispensable de résumer le film ? Est-ce même possible ? Disons qu’il s’agit de la rencontre à Los Angeles d’une femme blonde aspirant à devenir actrice (Naomi Watts) et d’une femme brune amnésique rescapée d’un accident de voiture (Laura Harring). Ces deux-là vont traverser une série de situations baroques en compagnie de divers personnages aussi mystérieux que les intentions du cinéaste.
Gloubi-boulga
A l’instar de Twin Peaks, la série-culte et déjà très tortueuse que Lynch signa au début des années 1990, Mulholland Drive fut d’abord conçu comme l’épisode pilote d’une série télévisée avant que le projet avorte. Le cinéaste a donc transformé cette matière en une succession de séquences sans queue ni tête. Pour ne rien simplifier, les deux héroïnes interprètent chacune deux personnages distincts. A un moment, l’une se met à parler espagnol. Pourquoi pas ? Une clé bleue semble avoir une grande importance, mais on ne saura jamais laquelle. Bien sûr, des scènes oniriques s’invitent. Un cowboy passe par là. Comment qualifier ce gloubi-boulga ? Lorsque l’on veut se raccrocher aux branches, l’adjectif « surréaliste » est convoqué.

Ce long spectacle (près de deux heures trente), aussi abscons que kitsch, en forme de vidéo-clip chic, a surtout permis de lancer la carrière de Naomi Watts dont la scène d’amour avec Laura Harring marqua les esprits. Mulholland Drive évoque certaines installations ou œuvres d’art contemporain que l’on se sent obligé de contempler en hochant la tête avec une gravité respectueuse. Cependant, l’hypothèse que Lynch, disparu en 2025, ait été un farceur se fichant du monde n’est pas totalement à exclure.
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