Colony, un film de Yeon Sang-ho
Celles et ceux qui ont vu Dernier train pour Busan (2016) du réalisateur sud-coréen Yeon Sang-ho en tremblent encore. Revoici ce cinéaste à son meilleur avec le présent opus. Où il est à nouveau question de zombies. Bis repetita ? Oui et… non ! Oui, car il est question ici aussi d’un lieu clos, non plus un train mais un gratte-ciel séoulite, ledit immeuble et son giga centre commercial se voyant petit à petit infestés de zombies. Non, car derrière la sanglante traque des morts-vivants ne se nourrissant que de chair fraîche se cache à peine une violente diatribe sur l’Intelligence Artificielle et les réseaux sociaux. Au départ, nous faisons connaissance avec le puissant PDG d’une biotech venu exposer lors d’une conférence, dans le fameux building, ses travaux sur la conscience collective, cet esprit de ruche qui anime de nombreux animaux, notamment les fourmis. Une découverte majeure, sauf qu’elle n’est pas de lui mais de l’un de ses doctorants qu’il a savamment écarté. Mais ce dernier ne compte pas en rester là. Loin s’en faut.

Colony – ©ARP Distribution
La suite vous la devinez. L’étudiant s’étant inoculé l’anti-virus, injecte le produit à son professeur, le transformant en zombie 0 et c’est ce dernier qui va semer la panique à tous les étages, faisant des « adeptes » à une vitesse atomique. Si, au début, les infestés se déplacent à quatre pattes, ils vont se mettre rapidement sur leurs deux jambes. Leur évolution est fulgurante et d’autant plus dangereuse car, dans un premier temps ils se jettent comme des affamés sur des photos, des affiches ou des vidéos représentant des humains. Faute de mieux. Mais cela ne va pas durer… Les rescapés du massacre comprennent alors qu’un mâle alpha les dirige, communiquant avec eux de façon extra-sensorielle, à la manière des phéromones. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner derrière ledit mâle l’un de nos grands dirigeants de la high tech mondiale, un apprenti sorcier qui n’a rien à voir avec celui illustré par Walt Disney. Quoi que… Les réseaux sociaux sont coupables, nous le savons bien aujourd’hui, de l’uniformité des comportements et de la manipulation de masse.
Une mise en scène virtuose et des prises de vue en réel ajoutent à la puissance de l’image et du message, le réalisateur égratignant au passage les élites séoulites incapables de prendre les mesures nécessaires pour stopper la contamination. Tout un programme !
Un film hautement recommandable mais interdit aux moins de 12 ans tout de même !

