Le cinéma d’animation français est décidément à la fête en ce début d’été. Loin des mastodontes américains destinés aux enfants, le très osé – et hilarant – « Jim Queen » est un succès surprise et « In waves » est promis au même accueil chaleureux. Adapté d’un roman graphique (et autobiographique) d’AJ Dungo, le film raconte l’histoire d’amour tragique entre deux adolescents passionnés de surf.

AJ et Kristen, deux amoureux confrontés à la maladie. Photo Silex Animation
La sortie du livre « In waves », en 2019, avait été un choc. L’artiste américain AJ Dungo y rappelait les origines hawaïennes du surf et les mettaient en parallèle avec le quotidien de quatre jeunes gens adeptes des vagues. Mais le goût de la glisse se teintait vite du vague à l’âme, Kristen, la fille du groupe étant atteinte par un cancer, sous le regard défait de son amoureux… Cette histoire tragique, l’auteur du roman graphique l’a vécue dans sa chair. Il a mis des années avant de parvenir à la dessiner sur le papier. Et la voici désormais adaptée pour le grand écran par la réalisatrice française Phuong Mai Nguyen, avec les voix de Lyna Khoudri, Rio Vega et Paul Kircher. Situé sur la côte californienne, « In waves » nous plonge immédiatement dans la fascination qu’exerce l’Océan Pacifique – ses ondulations, sa force, ses couleurs changeantes selon l’heure de la journée – sur des adolescents à la recherche d’un puissant élan vital. Le film nous fait ressentir tout cela physiquement, jusque dans le danger que ce sport peut provoquer.
Beauté douloureuse
Mais l’essentiel est sans doute ailleurs : dans la manière dont des jeunes unis comme les doigts de la main font face à la maladie, au handicap et à la mort. « In waves » est bouleversant sans être tire-larmes. Il dit beaucoup, sans jamais trop insister, sur le choc immense que représente l’arrivée d’un cancer grave, sa progression implacable, les espoirs de guérison trop vite déçus. Cet océan d’émotion à la beauté douloureuse nous immerge totalement dans ses remous. On regrettera cependant deux choses dans cette réalisation soignée : des visages aux expressions limitées et, bien plus gênant, une utilisation maladroite de la musique, beaucoup trop présente, voire intrusive, notamment avec des chansons qui soulignent lourdement l’action.
« In waves », de Phuong Mai Nguyen, actuellement au cinéma.

