Le Virtuose, un film de Daniel Roher
La première fiction en salle du jeune (33 ans) documentariste canadien Daniel Roher nous immerge dans une expérience sensorielle époustouflante : celle du son. Et cela au travers d’un polar teinté de romantisme, le tout bien ficelé.

Dustin Hoffman (Harry) et Leo Woodall (Niki) – © Black Bear Pictures
Niki et Harry sont accordeurs de piano. Ce dernier, entré dans l’âge, n’a plus tout à fait l’oreille absolue. Euphémisme ! Par contre, son jeune associé la possède à tel point qu’il est atteint d’hyperacousie. Il ne se déplace donc qu’équipé de bouchons d’oreilles qui le protègent de tout ce qui n’est pas le son mélodieux des notes d’un clavier. Mais voilà, Harry est malade et ses revenus ainsi que sa mutuelle (New York aujourd’hui…) ne sont pas suffisants pour payer les soins nécessaires. Alors qu’il accorde un instrument dans une riche demeure, Niki fait connaissance avec le service de sécurité dudit palace et leur donne un coup de main amical pour ouvrir un coffre-fort. En toute naïveté. En fait l’équipe de sécurité en question, sorte de Pieds nickelés, profite de leurs gardiennages pour prélever, à la marge certes, mais tout de même, quelques bijoux, montres et autres valeurs dans les coffres-forts de leurs innocents clients. Niki va rapidement les rejoindre afin de réunir les fonds qui peut-être sauveront Harry. Une jeune pianiste va traverser cette aventure…
S’il faut saluer l’émouvant Harry de Dustin Hoffman, toujours aussi juste, et la performance du jeune Leo Woodall, Niki au regard empli d’une candeur désarmante, l’autre personnage du film ne se voit pas mais… s’entend. La bande-son de ce film est d’une hallucinante précision. Elle nous plonge dans la tête de Niki, sa virtuosité à déceler le plus infime clic révélateur des combinaisons de sécurité, mais aussi dans la douleur qu’il ressent lorsque des décibels, volontaires ou pas, agressent son ouïe.
Entre thriller et comédie romantique, un premier opus efficace et séduisant, aussi original que prometteur.

