Si Arnaud de La Serve est né sous le soleil parisien, il vit aujourd’hui avec son épouse, artiste peintre, et leurs quatre enfants, dans la région toulousaine. Après des études à Science Po Bordeaux et à l’EM Lyon, Arnaud de La Serve se lance dans un parcours professionnel principalement tourné vers l’entreprise et l’entreprenariat. Il clame haut et fort son attachement à la vie locale, aux projets collectifs et à la transmission. Passionné de rugby mais aussi des arts en général et des voyages, il vient de rejoindre le Cercle des entreprises mécènes du Musée des Augustins.
Rencontre.

Arnaud de La Serve
Culture 31 : Présentez-nous votre société
Arnaud de La Serve : Je co-dirige avec Benoît Cournet OPNA, une entreprise toulousaine forte de 110 personnes dont l’activité est notamment liée à la maintenance et aux travaux de portes et portails automatiques.
Notre rôle de dirigeant est évidemment de piloter l’entreprise et son développement, mais nous essayons également de donner du sens à notre activité au-delà de sa seule dimension économique. Nous sommes particulièrement attentifs aux questions d’emploi, de formation et d’apprentissage, de sécurité et de responsabilité environnementale.
Nous sommes convaincus qu’une entreprise ancrée dans son territoire a aussi un rôle à jouer dans la vie de celui-ci.
Que signifie pour vous le terme mécénat ?
Pour moi, le mécénat, c’est avant tout donner sans attendre un retour commercial immédiat.
C’est choisir de consacrer une partie de ce que l’entreprise a réussi à créer à des projets qui ont du sens : la culture, le patrimoine, l’éducation, la solidarité ou la transmission.
Mais je le vois aussi comme une responsabilité. Une entreprise ne vit jamais seule. Elle grandit grâce à un territoire, des collaborateurs, des clients et tout un environnement économique et humain. Le mécénat est une manière de contribuer, à notre mesure, à cet écosystème.
Depuis quand le pratiquez-vous et dans quels domaines ?
Nos engagements se sont progressivement orientés vers 5 types de projets dans les domaines de l’accès au sport (Toulouse Métropole Basket et le TUC), de l’éducation (Ecole Espérance Banlieue), de la culture (Aïda, Les clefs de Saint Pierre), de la solidarité (Le Café joyeux et La Maison des femmes) et du patrimoine (Cercle du Musée des Augustins).
Nous accordons beaucoup d’importance aux projets concrets et proches de notre territoire, pour lesquels on peut comprendre ce que notre soutien rend réellement possible.
Comment partagez-vous cet engagement avec le personnel de votre entreprise ?
Je souhaite que le mécénat ne soit pas uniquement une décision du dirigeant ou un logo de l’entreprise apposé sur un projet.
Quand cela est possible, j’aime expliquer aux collaborateurs pourquoi nous soutenons telle ou telle initiative et leur faire partager les projets auxquels l’entreprise s’associe.
C’est aussi une façon de rappeler que la réussite d’une entreprise peut avoir une dimension collective et qu’elle peut contribuer à autre chose qu’à sa seule activité économique.
Comment avez-vous pris contact avec le Cercle des Mécènes du Musée des Augustins ?
Laurent Dionis, de la BNP, nous a parlé du Cercle et nous a invité à un évènement mettant en valeur ses actions. Cette première rencontre m’a donné envie d’en savoir davantage sur cette association et sur les projets qu’elle accompagne.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de le rejoindre ?
Le Musée des Augustins appartient profondément au patrimoine de Toulouse. Rejoindre son Cercle des Mécènes, c’est participer, de manière très concrète, à la préservation et à la mise en valeur d’un patrimoine que nous avons reçu et que nous devons transmettre.
J’aime aussi l’idée que le monde de l’entreprise et celui de la culture puissent se rencontrer davantage. Ils peuvent sembler éloignés, mais ils partagent finalement beaucoup de choses : la création, l’engagement, le temps long et la transmission.
C’est cette dimension qui m’a particulièrement donné envie de rejoindre le Cercle.
Que représente pour vous la Culture dans notre époque ?
Dans une époque où tout va très vite, la Culture nous oblige justement à ralentir, regarder, comprendre et parfois nous remettre en question.
Elle nous relie aussi à ceux qui nous ont précédés. Un musée comme les Augustins est à cet égard extraordinaire : les œuvres traversent les siècles, mais continuent de provoquer une émotion chez quelqu’un qui les regarde aujourd’hui.
Je crois profondément que la Culture ne doit pas être réservée à quelques-uns. Elle doit être accessible, partagée et transmise, notamment auprès des jeunes générations.
Et finalement, c’est peut-être ce qui résume le mieux notre vision du mécénat : aider à transmettre ce que nous avons nous-mêmes eu la chance de recevoir.
Propos recueillis par Robert Pénavayre
Devenir membre du Cercle des Mécènes du Musée des Augustins : contacter Claude SCAVAZZA, Président du Cercle du Musée des Augustins, à l’adresse suivante : claude.scavazza@orange.fr
Cercle des Mécènes du Musée des Augustins
> Fabien Michel, membre du Cercle des Mécènes du Musée des Augustins
> Claude Scavazza, Président du Cercle des Mécènes du Musée des Augustins
> Laure Dalon, directrice du Musée des Augustins

