Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Le Petit César de Mervyn LeRoy
Sorti en 1931, le film de Mervyn LeRoy va poser les bases du film de gangsters, bientôt suivi par L’Ennemi Public (1931) de William A. Wellman et Scarface (1932) d’Howard Hawks. Tandis que l’Amérique traverse la Grande Dépression, Hollywood, qui vient de se convertir au cinéma parlant, invente donc un nouveau genre dans lequel le criminel devient un antihéros iconique. Ici, Rico Bandello et son ami Joe Massara, petits escrocs de bas-étage, débarquent à Chicago, la « capitale » du crime organisé. Rico intègre la bande de Sam Vettori au sein de laquelle il se fait une place avant d’évincer son patron, mais un sergent de police traque le caïd…

Le Petit César de Mervyn LeRoy – © DR
L’ascension et la chute d’un gangster : Le Petit César écrit le récit fondateur d’un genre dont les ressorts sont encore intacts aujourd’hui. Le film de Mervyn LeRoy (dont il faut voir également l’excellent Je suis un évadé sorti en 1932) met en scène un personnage issu de l’immigration italienne et érige en mythologie des éléments indémodables (chapeaux, tenues, cigares, armes…).
Rêve américain
Cette œuvre pionnière impressionne par son rythme, sa vitesse, son énergie. En moins d’une heure et vingt minutes, la destinée de Rico Bandello défile à l’écran en offrant une nouvelle mouture du rêve américain. Tous les moyens sont bons pour accéder à la fortune et au pouvoir. La morale cède le pas à la loi du plus fort pendant que le gangster apparaît comme une autre version du pionnier, du cowboy ou de l’entrepreneur capitaliste.

Si Le Petit César, au-delà de son succès public et de sa dimension novatrice, a autant marqué l’histoire du cinéma, c’est parce qu’il a révélé celui qui deviendra un immense acteur : Edward G. Robinson. Petit, râblé, avec un visage de bulldog, le comédien transforme ses handicaps en signature. Son langage au débit-mitraillette est aussi une arme. Les joutes verbales, les menaces, les insultes font partie de sa panoplie (Martin Scorsese s’en souviendra). Cependant, Robinson n’a pas été l’homme d’un seul rôle et, au fil de sa riche filmographie, ses compositions dans Le Vaisseau fantôme de Michael Curtiz, Assurance sur la mort de Billy Wilder, La Femme au portrait et La Rue rouge de Fritz Lang, Le Criminel d’Orson Welles, Key Largo de John Huston ou Soleil vert de Richard Fleischer (son dernier film en 1973) sont inoubliables.
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS



















































































































































































































































