Oklahoma Honey un film d’Andrew Patterson
Natif de l’Oklahoma, le réalisateur Andrew Patterson signe avec son second opus une véritable déclaration d’amour à sa terre natale coincée entre le Texas, le Kansas, le Missouri et le Colorado, toutes régions qui fleurent bon le western de notre enfance. Pour l’heure, perdu au milieu d’une véritable cambrouse, Amziah règne gentiment sur une poignée de bras cassés qu’il a récupérés, aussi sympas que laissés pour compte par une société en proie aux plus vils prédateurs. Le royaume d’Amziah pourrait être celui d’un conte car c’est celui du miel. Il est apiculteur. Mais pas seulement. Amziah et ses amis ont plongé, au-delà de l’or liquide, dans le monde musical du bluegrass. Et c’est régulièrement que la joyeuse équipe se retrouve avec banjo, mandoline, guitare, violon et chansons. Heureusement qu’ils sont soudés car le monde du miel et tout sauf celui des bisounours. Le « jeu » consiste à se voler les ruches ! Et les abeilles qui vont avec. Revient dans la région Kateri, une jeune fille autochtone mal menée par la vie qu’Amziah et feu son épouse ont un temps accueillie. Amziah décide de la former au métier. Il lui fait rencontrer les abeilles dans des scènes d’une troublante émotion. Le temps passe et la catastrophe arrive : Amziah se fait voler l’intégralité de son élevage. C’est trop pour son pauvre cœur…. Avec l’aide de cette petite communauté, notamment Remick, ancien Marine en situation délicate avec la justice malgré son jeune âge, Kateri part sur la piste du voleur. Tout le monde se doute de son identité : Dob, un riche homme d’affaires qui tente de mettre la main sur toutes les exploitations de la région. Par tous les moyens… Le film bascule alors dans un mode revenge qui n’a rien à envier au style western. D’autant que dans ce pays le port d’armes est autorisé et que le pick up a remplacé le fier étalon du siècle passé.

Matthew McConaughey (Amziah) – Crédit : Metropolitan FilmExport
Tout d’abord il faut souligner la présence au casting de Matthew McConaughey (Amziah) qui malheureusement n’intervient qu’une vingtaine de minutes (le film fait 2h10), un temps trop court mais suffisant pour nous rappeler combien cet acteur, trop rare, est littéralement génial de présence et d’engagement. Un personnage virtuel est, lui, omniprésent : la musique. Les amateurs de country vont être aux anges ! S’il est permis d’être moins séduit par la prestation un brin transparente (c’est son premier film) de l’actrice autochtone Angelina LookingGrass (Kateri), saluons Kurt Russel, superlatif en potentat local toxique (Dob) et le jeune mais prometteur Jake Horowitz (Remick).
Entre poésie naturaliste et western sanglant, un film qui ne laisse pas indifférent.

