La Fin de Oak Street, un film de David Robert Mitchell
Le réalisateur américain David Robert Mitchell, à peine quinquagénaire, a pointé le bout de sa caméra pour la première fois avec La Légende des soirées pyjamas (2010), un film très sensible sur l’univers de l’adolescence. Quatre ans après il surprenait la planète cinéma avec l’étonnant It Follows, suivi en 2018 de Under the Silver Lake, deux films abordant, et avec quelle autorité, l’épouvante et le thriller. C’est dire que l’on attendait beaucoup du présent opus. Celui-ci nous installe confortablement dans le quartier d’Oak Street, au cœur d’une charmante bourgade américaine des années 80 du siècle passé. Pelouse au cordeau, barbecue dominical, voitures rutilantes et sourires affichés qui ne le sont pas moins. Le réalisateur pose sa caméra sur une famille BCBG, Denise, romancière, et son mari Greg, deux ados complètent la panoplie : Audrey et Brain. Sans oublier Starbuck (!), leur sympathique bouvier australien. Tourné dans la banlieue d’Atlanta, en Géorgie, le film nous immerge dans une sorte de conte de fée type american way of life. Sauf que l’envers du décor n’est pas aussi scintillant. Greg est au chômage et Denise court après son premier succès éditorial. Par une belle nuit, une violente lumière éclaire le quartier. Le lendemain plus d’eau, plus d’électricité, mais de nouveaux habitants parcourant les parcs et les jardins : des dinosaures. Et en plus affamés ! Non, non ce film n’est pas une réplique de Jurassic Park. Pas de héros ici ni d’effets spéciaux spectaculaires XXL. Plutôt un couple en perdition (Denise et Greg s’apprêtent à divorcer) et leurs deux enfants en mode survie. Avec pour seules armes un arc, une massue, une hache, une carabine et un courage à toute épreuve. Et il va leur en falloir pour échapper à l’appétit des bestioles.

Quand les dinos passent à table ! – Crédit : Warner Bros Pictures
Action, suspense et humour sont au menu de cette comédie dramatique plongeant des personnages par essence faillibles dans des situations plus que périlleuses dans lesquels nous pouvons facilement nous retrouver. L’instinct de survie prenant le dessus, nous assistons avec eux au saccage en règle de ce quartier et, au-delà, de cette vie en carton-pâte façon carte postale qu’affichent bien souvent ces résidences pavillonnaires. Message subliminal sur l’artificialité des apparences ?
Anne Hathaway (Denise) et Ewan McGregor (Greg) sont les clichés plus que vrais (et parfaits) d’une ethnie vivant dans l’apparence.
Le film est à voir « avec avertissement » car les dinos ne font vraiment pas de quartier !!!

