Depuis le début du mois de septembre, l’artiste toulousain Zwalé expose ses œuvres au milieu des étals de l’épicerie Campillo, située au 29, rue de la République, à Toulouse. Passionné par la couleur depuis son plus jeune âge, et inspiré par les objets du quotidien, il présente, jusqu’au mois de novembre prochain, une exposition aux accents pop’, à ne pas manquer.

Zwalé expose son travail à Toulouse
Zwalé est une signature que l’on voit fleurir de plus en plus dans les rues de Toulouse et sur les réseaux sociaux. Comme les petites fleurs qui naissent au printemps, ses créations viennent apporter de la couleur dans un quotidien qui en manque parfois. La couleur, justement, davantage que la technique utilisée, c’est ce qui guide le travail de Zwalé : « Je me suis toujours intéressé à l’art, à l’imaginaire, mais surtout aux couleurs… Au collège, j’étais fan de skate, et avant tout des designs très colorés des skateboards… À la fin du lycée, c’est grâce à la musique que mon œil se façonnait. Je suivais le label Ed Banger Records, qui utilisait des pochettes et des visuels très colorés, notamment avec l’artiste So Me. L’art est bien présent partout dans notre quotidien, et pas simplement au musée. Il suffit juste d’ouvrir les yeux. En suivant, je me suis intéressé aux graffitis et à différentes techniques… Mais je n’ai pas de formation spécifique en art. Mon œil et ma technique se sont façonnés avec le temps ».
En effet, avec le temps, l’art et la création ont pris de plus en plus d’espace dans le quotidien de Zwalé : « À la fac’, durant mon parcours scientifique, je dessinais… Beaucoup. Souvent. D’abord sur les bords de mes feuilles, puis j’ai rapidement débordé sur les tables… Puis sur les murs. Il doit sans doute rester quelques traces de mes évasions, quelque part… Un beau jour, j’ai sauté le pas. Ma sœur, qui était en passe de devenir architecte, peignait… J’ai emprunté son matériel et je me suis lancé. Depuis ce jour-là, je n’ai jamais cessé de créer ! Ma première réalisation, c’était un chat, personnifié, vêtu d’un pull vert, plutôt moche, de mon père. Le chat, c’est un sujet qui revient beaucoup dans mon travail ».
Depuis ce coup d’essai, proche du coup d’éclat, les chats de Zwalé ont bien grandi. Ils ont changé d’apparence… Et de matière : « J’ai aimé expérimenter plein de techniques… J’aime tester, élaborer… Je peux créer au Posca, à l’acrylique, à l’huile ou à la gouache… J’aime l’aquarelle… J’aime créer du relief en superposant les couches de matière, au couteau, même à la brosse à dents… J’aime créer sans contrainte ».

« Quand je peins, je perds la notion du temps ! »
Zwalé est un passionné. C’est d’ailleurs précisément cette étiquette qu’il accole à sa pratique de l’art. Cette activité, à laquelle il se livre en parallèle d’un travail plus académique, est un moyen de tout oublier pendant quelques heures : « Quand je peins, je perds la notion du temps. Je ne pense qu’à ça, je ne vis que pour ça, j’oublie tout. Je me façonne une bulle créative. Parfois, le retour au monde réel m’étourdit un peu ».
Pourtant, une fois revenu à la réalité, l’artiste toulousain ne ménage pas ses efforts pour mettre en lumière ses créations et les proposer au plus grand nombre : « Je suis heureux que mon travail plaise et de vendre des toiles, mais je suis aussi heureux d’offrir de l’art, dans la rue, à des inconnus par exemple… En déposant des tableaux à même le sol. Je prends du plaisir à surprendre les gens dans leur quotidien. Quelques jours plus tard, quand mes tableaux sont découverts, les retours que l’on me fait me touchent beaucoup. Certains m’ont dit que mon tableau, trouvé à Toulouse ou à Marseille, était le premier élément de déco d’un appartement, ou encore qu’il avait été offert pour un anniversaire… Je suis heureux que l’art se partage, s’offre, se désacralise ». Il poursuit : « Les réseaux sociaux, Instagram, sont finalement comme un immense musée… On peut toucher énormément de sensibilités différentes, être vu par des profils du monde entier. Bien sûr, il faut savoir se vendre et cela demande du temps et de l’investissement. Mais aujourd’hui, il faut être peintre – créatif – monteur – tourneur… Et moi, je trouve ça très motivant ! Ça me plaît de pouvoir partager ma passion ».

Zwalé en couleur(s)
L’art au quotidien, le quotidien dans l’art
Les objets du quotidien inspirent Zwalé. Il aime les personnifier, ajouter des yeux et un sourire à une cafetière… Inventer une vie et un univers aux objets qui nous entourent ne lui fait pas peur. Humaniser un chat avec une expression marquée, non plus. Dans un second temps, cet amoureux de la Ville Rose et de ses couleurs aime entasser ses sujets dans un tableau, avec plein de couleurs et d’expressions : « J’aime que certains y voient de la joie, inventent des histoires qui donnent vie à mes œuvres. J’aime que les gens sourient devant mes toiles. J’ai récemment créé des œuvres pour accompagner la naissance d’enfants, ou pour des événements à destination des tout-petits. Ça me touche quand des enfants qui n’ont pas encore trois ans reconnaissent mes toiles, mon style ».

Alors que le mot « quotidien » occupe une place importante dans le discours, mais surtout dans le travail de Zwalé, il était logique que sa nouvelle exposition se déroule dans un lieu du quotidien, plutôt que dans une galerie. C’est donc au sein de l’épicerie Campillo, dans le quartier Saint-Cyprien, à Toulouse, que vous pouvez découvrir, ou redécouvrir, les œuvres de l’artiste jusqu’au mois de novembre. Le concept est un tel succès que, sur les étals, les vraies pommes rougissent déjà face aux regards malicieux de celles accrochées au mur : « Cette épicerie de mon quartier a une grande et belle vitrine. Ça m’a interpellé, j’y ai songé… Et en achetant mes légumes, un jour, nous avons simplement discuté avec les gérants, le lien s’est fait naturellement. Il y a eu match ! Et je suis très heureux de pouvoir exposer mes tableaux dans ce lieu. L’exposition est ouverte à tout le monde et je trouve que c’est important que l’art entre dans le quotidien des gens. Et puis avec mes créations, une épicerie, c’est le lieu idéal. Les fruits et légumes sont aussi colorés que mes tableaux. Il y a aussi des objets du quotidien en vente à la boutique que l’on retrouve sur mes toiles, dans mon univers. C’est rigolo ».
Afin de rencontrer curieux et conquis, Zwalé invite les lecteurs de Culture 31 à le rejoindre lors du vernissage de l’exposition, qui se déroulera le 11 septembre de 18h à 20h : « Pendant le vernissage, je vais aussi vendre des petits formats, à petits prix. Il y aura également des sérigraphies, des linogravures, même des pin’s… Chacun pourra repartir avec un souvenir ! Et puis… Évidemment, il y aura sans doute des surprises… Et encore des œuvres cachées dans les rues, autour du lieu d’exposition ! » Un moment tout en couleurs, à l’image de l’exposition…
L’artiste Zwalé expose ses créations au sein de l’épicerie Campillo, située au 29, rue de la République, à Toulouse, jusqu’au mois de novembre. Ouverture le lundi de 15h30 à 20h / Du mardi au samedi de 10h à 20h. Vernissage le 11 septembre de 18h à 20h

