Le Héros de Berlin un film de Wolfgang Becker
Ce n’est pas sans une certaine tristesse que l’on visionne le dernier opus du réalisateur allemand Wolfgang Becker. En effet, celui que la planète cinéma dans son entier a salué pour son Good Bye Lenin ! a tout juste pu finir ce Héros de Berlin. Il se savait condamné et avait le choix entre un ultime tour du monde ou réaliser un dernier film. Nous connaissons aujourd’hui son choix. Nous apprécions cet ultime tournage à l’aune d’une vie consacrée au 7éme art.

Leon Ullrich (Alexander) et Charly Hübner (Micha) – Crédit : Frederic Batier
Le scénario est l’adaptation du roman éponyme de Maxim Leo publié en 2023. Micha est le propriétaire d’un vidéoclub qui, nous nous en doutons, vit ses dernières heures. Nous sommes 30 ans après la chute du Mur. Et justement à cette occasion, Alexander, un journaliste toujours à la recherche de sa première Une, croit avoir trouvé un sujet en or massif. Après une trop courte enquête, il pense que Micha est un héros en cela que c’est lui qui, alors simple aiguilleur à la gare ferroviaire de Berlin, aurait volontairement trafiqué un aiguillage afin de permette à un train de filer directement vers l’Ouest avec ses 127 passagers. Il vient donc l’interviewer. D’abord refusant l’entretien, Micha se laisse prendre dans les rets de l’argent et de la notoriété, surtout lorsque cette dernière s’enrichit d’une idylle amoureuse. D’une certaine façon, ce film est le pendant de Marco, l’histoire d’une vie, dans lequel le Président d’une association de victimes de l’Holocauste se faisait passer pour un déporté…qu’il ne fut jamais. Ici la duperie vient directement d’une enquête imprécise. Alexander est le premier intéressé dans cette affaire qui ira très loin, agitant les remugles nauséabonds de la Stasi. En creux Wolfgang Becker questionne la vérité historique et son support parfois…légendaire.
Charly Hübner (Micha), Leon Ullrich (Alexander) et Christiane Paul (Paula) sont les principaux protagonistes de cette troublante fiction qui en dit long sur le pouvoir de la presse et la fragilité de l’âme humaine.

