De la Comédie – Française un film de Martin Darondeau et Bertrand Usclat
Sans nul doute LA comédie de l’année. Imaginez, un casting 100% composé de sociétaires et de pensionnaires de la Comédie-Française. Il y a de quoi faire rêver. Martin Darondeau et Bertrand Usclat ont uni leurs talents pour ce premier film tourné qui plus est dans la Salle Richelieu en 3 semaines !

Photo : De la Comédie-Française – © Atelier de Production Comédie-Française
Il faut dire que le casting en question connait la maison par cœur, y compris dans ses moindres recoins. C’est d’ailleurs ces mystérieux « recoins » que le film nous propose de découvrir au travers d’une répétition, celle de la première d’une nouvelle production du Macbeth de Shakespeare.
Après de nombreux entretiens avec les comédiens du Français, les deux réalisateurs, coauteurs du scénario, imaginent, à peine, les heurs et malheurs entourant les premiers pas d’une jeune metteur en scène qui devra, au milieu du maelström de répétitions dignes des Marx Brothers, s’occuper de son bébé que son conjoint lui dépose à l’accueil. Et si ce n’était que cela ! Au beau milieu des répétitions d’une mise en scène sur une idée qu’elle a longuement murie, elle se trouve face à un …slip, pour le moins malheureux…, qu’elle va devoir intégrer à son concept. Alors que le titulaire du rôle-titre joue les cabots et que la doyenne de l’équipe fume pétard sur pétard, le régisseur n’en finit plus de compliquer les situations, expliquant sous format thèse de 3éme cycle chaque problème à résoudre. Et si ce n’était que cela !!
Le film est un portrait totalement savoureux des coulisses d’un théâtre, aussi prestigieux soit-il. Esprit de troupe es-tu là ? Oui bien sûr car sinon le rideau ne se lèverait pas.
Habitués à jouer les premiers, seconds ou troisièmes rôles en alternance, les comédiens du Français s’en donnent à cœur joie. Il faudrait les citer tous mais comment ne pas sourire en voyant l’ancien directeur de l’institution, Eric Ruf, apparaître deux secondes dans un ascenseur, ou Guillaume Gallienne en concierge suspicieux jusqu’à la paranoïa. C’est Pauline Clément qui endosse le costume du metteur en scène avec une volonté, une pugnacité et une forme de résilience jubilatoires. Face à elle : Laurent Stocker, Julien Frison, Marina Hands, Adeline d’Hermy, Danièle Lebrun, Christian Hecq et tant d’autres. Excusez du peu ! Un vrai festival de talents réunis dans un film d’une justesse de ton stupéfiante. Ah, j’oubliais, il y a aussi Benjamin Lavernhe. Il est le twist du film. Mais chut…
Courez voir ce qui, en creux, est aussi une véritable leçon.

