Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Sayat Nova – La Couleur de la grenade de Sergueï Paradjanov
Considéré comme l’un des cinéastes les plus importants de l’ère soviétique, et même par certains comme l’un des plus grands réalisateurs du XXème siècle, Sergueï Paradjanov (1924-1990), Géorgien d’origine arménienne, signa en 1968 Sayat Nova (connu également chez nous sous son titre français La Couleur de la grenade), son œuvre la plus célèbre avec Les Chevaux de feu sorti quatre ans plus tôt. Il retrace ici l’existence d’Haroutioun, alias Sayat Nova, poète arménien du XVIIIème siècle, à travers une série de tableaux recensant les étapes principales de sa vie jusqu’à son assassinat par les Ottomans.

Les premières scènes donnent le ton et la manière de Paradjanov. Plans fixes composés comme des toiles ou des photographies, voix off, symbolisme : nous ne sommes pas devant un film traditionnel et une biographie classique, mais plutôt face à une installation d’art contemporain. La formation du cinéaste – également plasticien et peintre – éclaire cette esthétique hybride.
Mosaïque conceptuelle
De fait, Sayat Nova est une succession d’images, de signes, de chromos censés célébrer le personnage et, à travers lui, la culture arménienne. Pas ou très peu de dialogues dans ce récit elliptique privilégiant les sens et l’abstraction à la narration conventionnelle. Les plans sont surchargés, saturés de couleurs. L’absence de mouvements de caméras étire le temps et invite à la contemplation avec les limites de l’exercice, à savoir un ennui de plomb devant un long-métrage qui dure pourtant moins d’une heure et quinze minutes dans sa version initiale…

Répétitif et hermétique, le film tient plus du collage et de la mosaïque conceptuelle que du septième art. Au regard de l’aura du réalisateur, il faut sans doute avoir vu au moins l’un de ses films, mais l’on n’est évidemment pas obligé d’apprécier son étrange cinéma. Pour comprendre aussi la réputation de Paradjanov en Occident et chez certains cinéphiles, il faut rappeler qu’il fut condamné en URSS à plusieurs années de travaux forcés et incarcéré à plusieurs reprises jusqu’en 1982. Ce statut d’artiste persécuté suscita un respect s’étendant à ses œuvres.
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS





















































































































































































































































