Il y a des quartiers qu’on traverse, et d’autres où l’on s’arrête. Le temps d’une journée, Marengo veut être le second. Ce samedi 3 octobre, de midi à minuit, l’avenue du Cimetière troque la circulation contre un banquet, un food court, un sound system et des DJs. Le nom de la fête ? Global Sector. Le principe ? Réunir tout le monde au même endroit : habitants, familles, commerçants, restaurateurs, amateurs de musique et simples curieux.

À l’origine, une envie assez simple. Faire vivre le quartier Marengo, donner de la visibilité à celles et ceux qui le font tourner au quotidien, et imaginer un moment où les générations et les publics se croisent sur l’espace public. Pas une de plus dans l’agenda : un vrai rendez-vous de voisinage.
La journée se vit en deux temps. De 12 h à 16 h, c’est le banquet, devant Les Tilleuls. On s’installe, on mange, on discute. Puis la fête change de rythme : de 16 h à minuit, l’avenue se mue en dancefloor, autour d’un DJ set pensé pour la culture sound system.
Derrière Global Sector, quatre acteurs : Les Tilleuls, le Baccus Social Club, Phreak Monica et l’AQMJC. Leur pari ? Renouer avec une tradition populaire, mais en lui offrant d’autres pratiques et d’autres esthétiques. Faire une place aux jeunes publics, sans lâcher la dimension familiale qui fait le socle de ces rendez-vous.
D’où le choix d’une journée continue plutôt qu’une succession d’animations. On vient déjeuner, on croise ses voisins, on découvre les commerces, on reste pour la musique et, pourquoi pas, on finit sur la piste de danse. Un fil, pas un programme.
Le sound system n’est pas un détail dans cette histoire. Héritée des cultures musicales jamaïcaines et de leurs prolongements dans les diasporas, cette pratique ne se résume pas à un DJ derrière des platines. C’est une façon de fabriquer collectivement un espace musical, avec un rapport particulier au public, au son, à la ville et à la manière dont on l’occupe. Autrement dit : faire entrer des cultures populaires et diasporiques dans un espace que leurs publics ne fréquentent pas forcément au quotidien.
Il y a donc une dimension culturelle, mais aussi une question plus sociale : celle de la place accordée aux différentes cultures dans l’espace public. Transformer quelques heures durant une voie de circulation en lieu de rencontre, c’est bousculer, le temps d’une journée, les usages habituels du quartier.
Et ce geste-là a une histoire. Celle des fêtes populaires, ces moments où la rue cesse d’être un simple lieu de passage pour devenir un lieu de sociabilité. Avec la musique comme point de rencontre, Marengo devient alors, l’espace d’une journée, une scène culturelle à ciel ouvert.
Rendez-vous ce samedi, avenue du Cimetière. De midi à minuit. On vient comme on est.

