Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Harold et Maude d’Hal Ashby
Si le film de Hal Ashby ne fut pas un grand succès public au moment de sa sortie, en 1971, il est devenu au fil des années une œuvre emblématique des années 1970 et une sorte de classique tout en faisant l’objet de nombreuses adaptations théâtrales. Harold, jeune Américain issu d’une famille très riche et élevé par sa mère qui est déterminée à le marier, passe son temps à simuler – de manière très réaliste – son suicide et à se rendre à des enterrements. C’est précisément lors de l’un d’eux qu’il fait la connaissance de Maude, vieille dame atypique, aux côtés de laquelle le garçon aux fascinations morbides va apprendre à aimer la vie…

Adapté d’un scénario de Colin Higgins, Harold et Maude est le pur produit de la contre-culture de son époque, de l’esprit contestataire et non-conformiste alors en vogue. Charge contre les conventions bourgeoises, le mariage, l’armée, la police : cette comédie romantique n’évite pas les clichés et la satire grossière jusque dans des scènes burlesques épuisant le comique de répétition.
Transgression et pathos
Le charme du film doit beaucoup à son tandem d’acteur : Bud Cort (dont la carrière bizarrement ne décollera pas après ce premier rôle marquant) et Ruth Gordon dans un registre bien éloigné de sa composition inquiétante dans Rosemary’s Baby de Roman Polanski. Surtout, Harold et Maude frappe les esprits par sa dimension gentiment transgressive en mettant en scène une histoire d’amour (y compris physique) entre une femme de 79 ans et un jeune homme tandis que le pathos et la charge lacrymale des dernières scènes ne reculent devant rien.

La musique de Cat Stevens deviendra elle aussi un succès, mais dans la filmographie d’Hal Ashby, on peut préférer certaines de ses œuvres suivantes comme En route pour la gloire sur Woody Guthrie, Retour évoquant le traumatisme vécu par les vétérans du Vietnam ou Bienvenue, Mister Chance dans lequel Peter Seller tient son dernier rôle.
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS




















































































































































































































































