Le film de survie avec chien deviendrait-il un genre en soi à Hollywood ? On peut le penser avec les sorties successives du post-apocalyptique « The dog stars », de Ridley Scott, et du post-traumatique « Heart of the beast » (Le Cœur de la bête), de David Ayer. Dans ce dernier, Brad Pitt incarne un soldat retraité qui tente de reprendre goût à la vie lors d’une escapade en Alaska.

Brad Pitt et son chien chien avant la galère. Photo Paramount
Disons-le tout de suite, « Heart of the beast » est une sorte de film minimaliste, pas un grand spectacle plein de rebondissements. Certes, il y a ce qu’il faut de scènes impressionnantes – crash d’avion, contact tendu avec un ours, rafting involontaire dans un torrent en furie, attaque de loups…- mais l’essentiel est plutôt contemplatif, mettant en avant la beauté sauvage des montagnes de l’Alaska. Ex-soldat des Forces spéciales blessé à la guerre, James Belmont (Brad Pitt) vient se ressourcer dans la grandiose nature américaine, celle des pionniers, survolant lacs bleutés et sommets enneigés à bord de son petit avion. Sauf que son petit cœur meurtri va lui jouer des tours, lui faisant perdre les pédales et plonger direct dans l’eau, son chien étant éjecté au passage. Pour s’en sortir – et rejoindre le monde habité – le duo cabossé va devoir parcourir plus de 80 km dans un environnement particulièrement hostile.
Une figure christique à la Stallone
L’originalité relative de « Heart of the beast » est donc le « dialogue » qui s’instaure entre le vieux briscard et son compagnon canin (ils ont fait la guerre ensemble – ça crée des liens). Pour le reste, le scénario reprend des péripéties mille fois vues, tissant un peu lâchement un suspense sans surprise. Nos amis des bêtes apprécieront la prestation d’Odin (en fait « joué » par quatre chiens différents), les fans de Brad Pitt le retrouveront, musclé et souffrant, tel une figure christique plus proche du Sylvester Stallone de « Rambo » et de « Cliffhanger » que du Kirk Douglas de « Spartacus ». Quant aux amateurs de grands espaces – magnifiés par le Cinémascope et les projections dans les salles premium comme la Dolby Cinema et la 4DX, dans les Pathé de Toulouse et Labège – ils se laisseront emporter par ce périple redoutable où il y a plus à regarder qu’à écouter. Et partiront vite avant le générique de fin, mettant en avant le rôle joué par 3000 chiens de combat sur les terrains de conflit, « sauvant la vie à des milliers de soldats ». Élan patriotique plutôt gênant quand on sait à quel point l’Amérique trumpienne est belliqueuse…
« Heart of the beast », de David Ayer, actuellement au cinema.

