En 2021, Christian Caujolle, dernier conseiller artistique du Château d’Eau, avait eu la belle idée d’inviter le Prix Photo sociale à exposer dans la galerie toulousaine. Rendez-vous maintenu malgré la mort du critique et désormais associé au festival Map, qui se poursuit jusqu’au 27 septembre. Trois lauréats sont à découvrir cette année : François Le Guen, Naïma Lecomte et Valérie Horwitz, qui, chacun à leur manière font ressentir les instants précieux qu’ils ont vécus auprès de jeunes gens précarisés ou incarcérés.

L’immersion sensible de François Le Guen.
L’ambition du Prix photo sociale est de « faire de la photographie un pont vers l’engagement solidaire » en « s’arrêtant sur les réalités de la précarité et de la vulnérabilité ». Grand prix 2026, le Parisien François Le Guen s’est immergé, durant une « Longue saison » dans un refuge pour personnes en difficultés en Provence. Ses portraits au format carré montrent des jeunes gens qui paraissent avoir retrouvé une certaine stabilité au contact de la nature et des animaux, loin de tout ce qui avait pu fragiliser leur existence. Les images sont fortes, et fort bien mises en valeur dans la seconde galerie du Château d’Eau.

En images et en sons, l’empathie de Naïma Lecomte pour une poignée d’adolescents.
Le projet de Naïma Lecomte, qui a décroché le prix spécial du jury 2026, a quelques similarités avec le précédent. La photographe résidant à Montpellier est partie à la rencontre de sept adolescents de l’Aide sociale à l’enfance pris en charge, au grand air, dans la bergerie de Faucon, créée par le père Guy Gilbert, au cœur des grands espaces, dans les gorges du Verdon. On sent dans son regard tout le respect, l’empathie, voire la tendresse qu’elle ressent pour ces gamins abimés par la vie et à la recherche d’un second souffle.
Le travail de Valérie Horwitz, Prix nouveau regard 2026, est très différent, moins documentaire, plus esthétique. La photographe marseillaise s’est, elle, intéressée aux jeunes femmes détenues aux Baumettes et dans un établissement pénitentiaire spécialisé pour mineurs, à Lavaur, dans le Tarn. Derrière les barreaux, dans des pièces étouffantes, elle fixe ses modèles, dont on ne voit jamais le visage, dans des élans dansés qui incarnent une certaine idée de la liberté.
Prix Photo Sociale 2026, jusqu’au 27 septembre, dans le cadre du festival Map Toulouse, à la galerie du Château d’Eau, place Laganne.


