Chaque semaine, on vous invite à lire une nouveauté, un classique ou un livre à redécouvrir.
Bureau 26 d’Elie Maucourant
A Lyon, le bureau 26 d’Interpol est sous tension. Après l’assassinat du leader d’un parti d’extrême droite écossais, c’est à Paris qu’un député du Parti radical a été tué. Plus inattendu et spectaculaire encore, le pape vient d’être victime d’un attentat. Alors que le Saint-Père se retrouve entre la vie et la mort, le Vatican vacille. En Grèce comme en Egypte, d’autres responsables politiques sont éliminés. Au sein du bureau 26, Gabriel d’Amore, agent sur le fil du rasoir, a été mis sur l’affaire. Aucun point commun ne semble lier les personnalités ciblées par-delà les frontières. Manœuvres de déstabilisation d’une grande puissance ou d’une organisation terroriste ? Agissements d’un réseau criminel ou d’une secte ? L’enquête va réserver des surprises…

Elie Maucourant
Après un roman d’anticipation, Marcheurs, et Warm Blue, saga fantastique en deux volumes, Elie Maucourant s’empare d’un autre genre avec Bureau 27 qui vient de paraître. Son thriller à l’arrière-plan géopolitique entraîne ainsi le lecteur dans une course-poursuite captivante, violente, pleine de surprises.
Cercles de l’enfer
Evidemment, pour que l’exercice soit réussi, il convient que le héros charrie dans son sillage une part d’ambiguïté, de singularité, de failles. De ce point de vue, Gabriel d’Amore possède le bon profil. Avec deux mariages et autant de divorces à son actif, ce père d’une adolescente brillante et d’une fillette est hanté par des démons venus de l’enfance. Amateur de vin (il devrait cependant abandonner les jus du château Kefraya au profit de ceux de château Musar) et de musique classique, il considère le fait de s’habiller avec élégance comme un devoir, mais mouiller sa chemise (Corneliani) ne lui fait pas peur.
On voyage beaucoup dans Bureau 27 : d’un squat d’Argenteuil sorti des cercles de l’enfer aux clubs techno de Berlin en passant par la Grèce, l’Ecosse ou la Suisse. Les pages consacrées au Liban sont, hélas, d’une actualité intacte. Le récit ne faiblit jamais, s’autorise des clins d’œil. On songe par moments à l’univers de Jean-Christophe Grangé, notamment à travers ce héros tourmenté en quête de rédemption et d’harmonie. Avec une énergie très cinématographique, Elie Maucourant imagine un logiciel visant à déjouer « l’imprédictibilité du crime » grâce à une IA capable de « prédire l’apocalypse avec précision ». En attendant l’apocalypse, il faudra trouver un refuge, comme le chantent les Rolling Stones dans les dernières lignes du roman…


