Michael, un film d’Antoine Fuqua
S’aventurer sur le terrain miné d’un biopic de Michael Jackson (1958-2009) était plus que téméraire, d’autant que les dernières années de sa vie furent singulièrement et malheureusement à la Une de toute la presse mondiale pour des accusations de pédophilie. Se doutant qu’un réalisateur ferait un jour son biopic, Michael Jackson a, par écrit, interdit à tout scénario de les évoquer. Antoine Fuqua s’est d’ailleurs pris les pieds dans le tapis et a dû supprimer de son projet d’origine tous les « sujets », ce film se faisant sous le contrôle du clan Jackson. Bref !

Jaafar Jackson (Michael Jackson) – © Lionsgate
Le scénario nous fait pénétrer dans l’intimité de la famille Jackson au début des années 70. Sous la férule impitoyable de Joseph (Colman Domingo, effrayant), un patriarche d’une incroyable brutalité, les Jackson Five font leurs débuts avec Michael en chanteur. Très rapidement les talents autant vocaux que chorégraphiques du gamin sont évidents. Vite repéré par la Motown, l’auréole du jeune Michael va devenir planétaire. La suite nous la connaissons : des centaines de millions de disques vendus, des tournées littéralement intersidérales accompagnées d ‘un engouement hystérique. C’est ce que nous raconte ce film à grand renfort de concerts, dont le fameux du Pasadena Civic Auditorium au cours duquel, en 1983, il fit son premier moonwalk. Les standards sont au rendez-vous : Billie Jean, Thriller (on assiste au tournage du légendaire clip), Beat It… La reconstitution est soignée. Sur la vie personnelle du chanteur, peu de choses si ce n’est le combat qu’il mena contre son abruti de paternel pour prendre son indépendance et faire une carrière en solo en dehors de ses frères. Joseph ne voyait dans son célèbre rejeton qu’une confortable source de revenus, quitte à user sa santé… Le film est clairement porté par la performance de Jaafar Jackson, le fils de Jermaine Jackson (quatrième de la fratrie) et donc le neveu de Michael. En dehors d’une ressemblance naturelle et d’une imitation de son tonton assez bluffante, sourire naïf et permanent à la clé, c’est son talent de danseur qui impressionne. Le film abandonne son héros au cœur de ses triomphes planétaires. Un carton final annonce une éventuelle suite dont bien sûr on doute sérieusement…
A l’attention des fans !

