Critique. Concert Festival. Rencontre musicales de Nîmes 2026. Première soirée. R. Schumann. D. Chostakovitch. R. Hahn. G. Fauré. Liya Petrova, Charlotte Saluste-Bridou, Shuichi Okada, violon ; Grégoire Vecchioi, Paul Zientara, alto ; Aurélian Pascal, Victor Julien-Laferrière, violoncelle ; Théo Fouchenneret, Adam Laloum, piano.
Ouverture magique
Pour sa cinquième édition les Rencontres Musicales de Nîmes ont affiché complet. Le public est fidèle et la famille des musiciens s’agrandi comme s’est pris à le souligner Philippe Bernard dans son discours introductif. La riche programmation a débuté avec quatre œuvres magnifiques. Pour débuter Adam Laloum nous a offert ses scènes d’enfant de Schumann. Sa version est particulièrement poétique et délicate. Toute de simplicité et de modestie sa musicalité touche par une infinie poésie. Tout ce que Schumann veut nous montrer de la magie de l’enfance est simplement évident sous des doigts si inspirés. Pas de nuances excessives, de phrasés complexes ou de couleurs trop originales. Le naturel qui se dégage est l’évidence même de l’enfance dans son innocence. Le public est particulièrement sensible à toute cette poésie.

Lewis JOLY / Rencontres Musicales de Nimes
Puis arrivent les cinq musiciens qui vont interpréter le quintet de Chostakovitch. Cette œuvre si exceptionnelle réuni Théo Foucheneret au piano, Shuichi Okada et Charlotte Saluste-Bridoux au violon, Grégoire Vecchioni à l’alto et Victor Julien-Laferrière au violoncelle. L’énergie commune dégagée rend cette partition particulièrement cinglante. Les deux premiers mouvements s’enchainent comme un prélude et fugue en hommage à Bach. C’est brillant jusque dans la manière de sonner russe tout en étant fidèle à Bach. Chostakovitch aura les honneurs du pouvoir pour ce quintet alors que la référence à ce que la musique occidentale a de plus complexe est évidant. La suite du Quintet permet une envolée vers la modernité qui décolle. Les moments de puissance, d’humour, de sarcasme ou de mélancolie sont tous admirablement tissés les uns aux autres. Les timbres se répondent, les nuances sont très belles. L’œuvre si complexe est admirablement offerte par les cinq musiciens amis. Le public leur fait une très belle ovation.

Lewis JOLY / Rencontres Musicales de Nimes
Pour la deuxième partie du concert c’est l’aimable Reynaldo Hahn qui va nous enchanter sous les doigts délicats de Théo Fouchenneret. Les quatre peintres choisis par Marcel Proust seront illustrés délicatement par Reynaldo Hahn. La lecture des poèmes de Marcel Proust juste avant permet de déguster les associations très réussies. Théo Fouchenneret semble réaliser avec gourmandise cette aimable dialogue entre les sens.

Lewis JOLY / Rencontres Musicales de Nimes
Pour terminer le concert une très belle œuvre va nous être proposée. Le quatuor de Fauré est absolument splendide. La brochette de superbes musiciens qui va s’y plonger va enchanter le public. Adam Laloum au piano, Liya Petrova au violon, Paul Zientara à l’alto et Aurélian Pascal au violoncelle. L’équilibre parfait immédiatement trouvé entre eux est admirable. On sait les grande qualités chambristes d’Adam Laloum qui trouve un équilibre magique avec les cordes dès les premiers instants. Liya Petrova avec un son d’une beauté sidérante plane haut et chante à perdre haleine. Paul Zintara avec un son d’une belle gourmandise apporte beaucoup lors de ses interventions. Aurélien Pascal avec son geste magnanime et la rondeur d’un son très chaud est irrésistible. Le piano de Laloum est caléidoscopique amical au début puis primesautier, enfin mélancolique et dans le final facétieux. Il est certain que l’amitié qui lie les musiciens apportent beaucoup à la fusion qu’ils arrivent à trouver. Ce premier concert du festival a enchanté le public quina ovationner les musiciens. Et tous de venir pour la salut final. Un bien beau moment de partage absolu ce soir !

Lewis JOLY / Rencontres Musicales de Nimes
Hubert Stoecklin pour son Blog
Photos : Lewis Joly
