Le musée Arthur-Batut, à Labruguière, est une des étapes obligées dans la région pour tout amateur de photographie. Pour son exposition d’été, qui se poursuivra jusqu’au 17 octobre, l’institution tarnaise propose les travaux d’Antoine Vincens de Tapol et Florian Jayet. Leur monde est coloré et lumineux mais derrière leur beauté apaisante se cachent toutes les angoisses contemporaines, notamment environnementales.

« Les bateaux voguent dans le ciel d’autrefois ». Photo Florent Jayet
Avec l’exposition « Décors », le musée Arthur-Batut nous offre du soleil, des eaux turquoise et un exotisme ensorceleur. On y plonge avec délice avant de suffoquer face à tout ce que les images trimbalent d’inquiétant, voire de terrible.
Pour l’anthropologue Antoine Vincens de Tapol, « cela passe par une relecture de ses propres archives photographiques de voyage qu’il croise avec les photos de vacances de ses grands-parents qui ont fait beaucoup de tourisme à travers le monde dans les années 70, explique Dominique Blanc, directeur du musée Arthur-Batut. A la croisée de ces deux pratiques, qu’il ne cherche volontairement pas à distinguer dans sa présentation, la même quête : celle de garder trace de ce « paradis perdu » qu’est cet ailleurs fantasmé à partir de récits antérieurs teintés d’exotisme. »

« Les paradis perdus ». Photo Antoine Vincens de Tapol
La réflexion de Florian Jayet, qui fut dans une autre vie immergé dans le monde de la mode puis éducateur spécialisé, est quant à elle tournée vers la montée eaux. « Il nous propose une dystopie, poursuit Dominique Blanc : celle d’un monde ou mers et océans ont recouvert une bonne partie de la surface de la terre, où les hommes ont disparu et n’ont laissé comme trace de leur présence que des objets manufacturés. Ces mises en scène pleines de poésie, baignées du bleu chatoyant de la mer méditerranée sous le soleil, renvoient, aussi bien à une imagerie de l’archéologie sous-marine qui nous est familière qu’à la question de la croissance exponentielle des déchets qui polluent des espaces jusqu’alors préservés. »
Superbement mis en œuvre, les travaux photographiques de Florent Jayet et Antoine Vincens de Tapol bénéficient du bel écrin du musée Arthur-Batut, dans une jolie ville située au cœur d’un Tarn rural à découvrir en voiture, bien sûr, mais aussi à pied et à vélo.
Exposition « Décors », jusqu’au 17 octobre au musée Arthur-Batut à Labruguière. Entrée gratuite.

