Cette Salomé restera dans les mémoires! Matthias Goerne pour sa première mise en scène frappe un grand coup. Bravo au génie! Cette mise en scène est grandiose , originale belle et vénéneuse comme la princesse Salomé. Quand on sait comme il est à la mode d’enlaidir sciemment les scènes d’opéra, Matthias Goerne a pris le parti opposé. Tout est beau, intelligent et dérangeant. Car la folie de l’héroïne, dont beaucoup ont fait une grande hystérique, est en fait une enfant très mal aimée entourée de perversion familiale et d’état. Jamais une telle lecture n’a été aussi intelligente. Tout y est admirable car un véritable travail d’équipe en orfèvrerie a été réalisé. Christophe Ghristi rêvait d’une distribution française. Il avait invité la soprano française Marie-Adeline Henry à faire cette prise de rôle périlleuse. Las elle a du quitter la production.En urgence trouver une Salomé et lui permettre de renter dans cette production, dont on a vu les exigences scénique incroyables nous bouleverser était presque impensable. C’est mal connaitre la sagacité que Christophe Ghisti, notre magnifique directeur.
C’ est donc la soprano américaine Nicole Chevalier qui a accepté. Tout en étant en pleine production d e la Traviata outre Rhin. C’est ainsi que la veille de la première de Salomé elle avait chanter Violetta! Impossible à quiconque de deviner devant son incarnation parfaite qu’elle n’avait pas fait toutes les répétitions. Certainement que la conception du personnage lui a paru évidente.
La beauté vocale, le legato de rêve, les notes piano sont dignes de Traviata. La puissance de la voix celle de Salomé! Grandiose incarnation : Bravo madame Chevalier ! Véritable nouvelle lumière sur le rôle vocalement et scéniquement.
Matthias Goerne a trouvé à Toulouse une équipe aux petits soins qui a oeuvré à faire de cette vision très analytique et symbolique une réussite totale. La danse avec une chorégraphie inouïe de Beate Vollack est inoubliable. L’orchestre somptueux du Capitole qui a irisé d’or la soirée et Franck Beermann qui dirige d’une poigne de de fer dans un gan de soie une partition qui est encore aujourd’hui si spectaculaire. Les lumières, décors, costumes, le décor tout était intriqué et juste.
C’est un véritable coup de coeur ce que j’ai vu de plus beau depuis longtemps.

Photos Mirco Magliocca
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