Face à la mer un film d’Helen Walsh
Le premier long métrage de la réalisatrice britannique Helen Walsh à sortir en France est assurément l’un des plus belles découvertes de cet été cinématographique. Il nous met dans les pas de mytiliculteurs (pêcheurs de moules) sur des bancs du nord du Pays de Galles. Et plus particulièrement dans ceux de Jack (formidable Barry Ward). Il est marié avec Maggie (Liz White). Ils ont trois garçons. Le désespoir de Jack est de voir son aîné Tom refuser de prendre sa succession. La petite entreprise ne va pas fort car de gros pêcheurs commencent à mobiliser l’ensemble des bancs. C’est alors qu’un jeune marin, fDaniel (vertigineux Lorne MacFadyen), vient louer ses services à cette petite communauté. Alors que des visites rassurantes quant à son état de santé permettent à Jack d’envisager un avenir à long terme, tranquille et serein, sa rencontre avec Daniel va faire chez ce quinquagénaire l’effet d’un coup de foudre. Très vite les deux hommes vont se comprendre et malgré l’homophobie intensément masculiniste de ce village, entament une relation clandestine. Sauf que…
D’une sensibilité et d’une sensualité enivrantes, ce film au rythme lent de la pêche trouve, grâce à une extraordinaire économie de moyens, le chemin de notre cœur pour nous faire entrer en empathie immédiate avec ces deux hommes aux amours maudites.
Plusieurs échos nous parviennent au travers de cette romance. Bien sûr on pense de suite à la nouvelle d’Annie Proulx, Brokeback Mountain, mais aussi à celle d’Herman Melville : Billy Budd ou encore au Théorème de Pasolini. Excusez du peu !
Dans l’atmosphère humide et grise de ce village marin, Jack va-t-il enfin trouver la paix ? Est-il encore temps pour lui ?
Au cœur d’un univers fait d’interdits (religieux, social, familial), un film tendu sur des émotions aussi irrépressibles qu’incandescentes.

