Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Frankenstein de James Whale
On ne compte plus les suites et les remakes (jusqu’à la version de Guillermo del Toro en 2025) qu’engendra le film de James Whale sorti en 1931. S’il ne fut pas la première adaptation cinématographique du célèbre roman de Mary Shelley, il fut la plus marquante à un moment où les grands studios hollywoodiens investissent le genre du film d’horreur : Dracula (1931) et Freaks (1932) de Tod Browning, Docteur Jekyll et Mister Hyde 1931 de Rouben Mamoulian, L’Homme invisible (1933) de James Whale…

Dans un village des Alpes bavaroises, le jeune savant Henry Frankenstein se livre en compagnie de son assistant bossu Fritz à de macabres expériences : recréer la vie à partir de morceaux de cadavres exhumés dans des cimetières. Le résultat sera une imposante créature, couturée et monstrueuse, à laquelle l’électricité va donner la vie. Mais la création de Frankenstein va échapper à son maître…
Savant fou
Il y avait dans cette histoire à la fois simple et extraordinaire la matière à une œuvre inépuisable, ce que l’avenir confirmera. Le mythe de Frankenstein devint ainsi l’une des plus pures incarnations de l’ambition (et de la folie) prométhéenne de l’homme trouvant dans chaque époque de nouvelles illustrations. Le film de James Whale, comme le Dracula de Freaks sorti juste avant, frappe par son efficacité et son économie de moyens. Seulement une heure et dix minutes suffisent ici à dérouler un récit riche en rebondissements, à planter une atmosphère, à créer des scènes inoubliables.

Evidemment, l’empreinte de Frankenstein est indissociable de la composition de Boris Karloff dont la carrière sera à jamais liée et à ce rôle et au genre horrifique ou fantastique. L’acteur apporte au « monstre » une dimension humaine, y compris quand il commet, presque « innocemment », l’irréparable. Car cette créature est d’abord une victime de l’hubris d’un savant fou tandis que la loi du lynch et la chasse à l’homme dont il est la victime ne sont pas sans rappeler celles que met en scène, au même moment, en Allemagne, Fritz Lang avec M le maudit. En ce début des années 1930, les créatures monstrueuses ne sont pas seulement issues de l’imagination d’écrivains, de scénaristes ou de cinéastes. La suite des événements le confirmera…
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS
































































































































































































































