Avis aux amateurs d’histoire et de sandales en cuir ! Jusqu’au 3 janvier 2027, le Musée Saint-Raymond de Toulouse invite à un véritable bond dans le passé avec sa nouvelle exposition «Gaulois mais Romains !». Exit les clichés éculés sur les moustachus grognons mangeurs de sangliers : ici, le visiteur découvre comment les Gaulois ont embrassé la dolce vita à la romaine au lendemain de la célèbre conquête menée par Jules César.

Statuette du dieu de Bouray. Fin du Ier siècle avant notre ère-début du Ier siècle de notre ère ? Découverte à Bouray-sur-Juine (Essonne). In. MAN 76551. © MAN / Baptiste Simon
La première séquence, intitulée « Vivre à la romaine », explore en profondeur le quotidien de cette société métissée. À travers des stèles funéraires, des inscriptions honorifiques et des objets usuels, le parcours retrace la vie de ces femmes et de ces hommes, des riches élites aux humbles esclaves, sans oublier le savoir-faire des artisans.
Cap ensuite sur le « Le domaine des dieux ». Que les inconditionnels d’Astérix se détrompent : cette appellation n’a rien d’un projet de complexe résidentiel ! En réalité, la deuxième séquence de l’exposition met en lumière la richesse du monde spirituel de l’époque, où s’entremêlent influences celtiques et romaines, à l’image de la célèbre statuette du dieu de Bouray. Une sélection minutieuse d’offrandes et d’objets votifs lève le voile sur des cultes et rituels anciens destinés à obtenir la guérison, la protection ou encore de bonnes récoltes une fois l’automne venu.
De la toge impériale aux champs de blé
Cette rétrospective offre également un regard inédit sur la naissance même de l’archéologie gallo-romaine au XIXe siècle. Grand passionné d’histoire antique, l’empereur Napoléon III a joué un rôle déterminant en soutenant personnellement les fouilles d’Alésia, façonnant ainsi une nouvelle identité nationale et alimentant les premières collections du musée d’Archéologie en 1867. Si la discipline s’est longtemps cantonnée à l’étude des riches villas et des nécropoles, elle scrute aujourd’hui les fermes et les parcellaires pour faire parler les paysages agricoles.

Bague et anneaux appartenant au trésor d’Éauze Or et nicolo IIIe siècle de notre ère Éauze (Gers), 1985 – Dépôt au musée d’éauze. Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale, Inv. MAN 86573, 86574, 86575 Crédit : © GrandPalaisRmn (musée d’Archéologie nationale)
Cette traversée du temps est le fruit d’un double partenariat entre le Musée de la Romanité de Nîmes et le Musée d’Archéologie nationale, dont les chefs-d’œuvre débarquent pour la première fois dans la Ville rose.
Envie d’y aller ? L’établissement vous accueille de 10h à 18h, du mercredi au dimanche. Attention toutefois aux divinités : les portes restent closes les jours de la Lune (lundi) et de Mars (mardi), ainsi que lors de quelques fêtes sacrées comme la naissance de Mithra (25 décembre) ou le jour de Janus (1er janvier). Côté tarifs, comptez 9 € pour les adultes et 5 € pour les étudiants et jeunes de 6 à 17 ans.


