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Pensez à Noël !!

28 Nov Publié par dans CD / DVD | Commentaires

Jaroussky, Cencic, Christie

Duetti : envoûtant, généreux, tellement talentueux

Au sujet du CD qui vient de “sortir“ s’intitulant Duetti, votre serviteur écrivait alors en annonce de ce qui devait se révéler une très grande soirée : «  William Christie et son Ensemble Les Arts Florissants, Philippe Jaroussky, Max-Emmanuel Cencic sont réunis pour une soirée véritablement unique consacrée à des Arie e duetti da camera sur des musiques italiennes des XVII et XVIIIè siècles.

Pour le chef, c’est déjà plus de trente ans d’une éclatante carrière jalonnée d’un nombre impressionnant de réussites. Il est toujours à la tête de SON ensemble fondé alors, une pépinière de talents, chanteurs ou instrumentistes, tous voués à la musique baroque.

Dans ces arie et duetti, deux contre-ténors vont rivaliser pour notre plus grand bonheur. Le croate M-E Cencic possède un timbre à la sensualité troublante et charnelle, étrange par ses couleurs assez inouïes, avec une voix couvrant les trois registres d’une souplesse lui permettant la virtuosité la plus téméraire. Quant au français P. Jaroussky, le encore jeune homme est au firmament d’une carrière internationale fulgurante. Grâce à cette voix qui a refusé de muer, sa maîtrise technique lui permet, avec un naturel des plus confondants, les nuances les plus audacieuses et les pyrotechnies les plus périlleuses.

Rien à rajouter. Ces extraits de cantates et duos de chambre de Bononcini, Mancini, Conti, Porpora, Marcello, Alessandro Scarlatti sont de purs bijoux. J’aurais un petit faible pour chaque duo, mais tout s’écoute avec une telle délectation.

1 CD Virgin Classics

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Patricia Petibon

Melancolia : Spanish arias and songs

Il y a quelques jours, nous annoncions en ces termes, le concert suivant auquel participait la soprano Patricia Petibon

Jeudi 3 novembre – 20h, l’ONCT dans un programme “tras los pirineos“.

L’orchestre accompagne en première partie la soprano française, Patricia Petibon, à nouveau toulousaine, dans un concert placé sous le signe de l’Espagne.

L’artiste chante toutes sortes de musiques, de Lully et Haendel à Bernstein, en passant par Mozart et Debussy, avec une affection toute particulière pour la musique baroque italienne, objet de son grand retour dans un récital au Salon Rouge du Musée des Augustins, février 2011, et aujourd’hui, cap sur les mélodies espagnoles.

Au cours de ces dernières années, ce ne fut pour l’artiste qu’une succession exaltée de prises de rôles et de prises de risques, Patricia Petibon s’aventurant toujours plus loin dans l’exacerbation de ses sentiments, repoussant sans cesse les limites de ses interprétations. Mais, tout cela, sans perte de contrôle, sans se brûler, ni se consumer, enfin, jusqu’à cette première partie de concert ! qui offre à l’ “enfant terrible“ l’occasion d’exprimer à nouveau toute l’étendue de son potentiel vocal et théâtral.

La “Petibon touch“ pourra manifester toute sa liberté de ton dans les morceaux choisis qui demandent tous, une interprétation à la fois brillante et expressive, ainsi qu’une grande habileté pour déjouer les pièges de partition mettant la voix à rude épreuve.

« Dès mon enfance, j’ai été intriguée et fascinée par la culture espagnole, parce qu’elle est une symbiose entre l’outrance et la subtilité. Elle exalte les émotions avec fierté et raffinement. C’est une culture qui vient de la terre, du peuple. »

A côté des mélodies choisies de Manuel de Falla, Enrique Granados et Joaquin Turina, un évènement, Patricia Petibon nous offre la première audition en France des Quatre chansons sur des paroles de Alvaro Escobar Molina pour soprano et orchestre constituant l’opus Mélodias de la Melancolia, œuvre de Nicolas Bacri composée en 2010.

Pour l’accompagner, c’est tout l’Orchestre National du Capitole de Toulouse qui lui sert d’écrin sous la direction du nouveau chef de l’Orchestre du Licéo de Barcelone, Josef Pons.

Vous l’avez deviné, ce n’est pas une “galette“ de plus dans les bacs, mais plutôt un CD se rendant indispensable de par son originalité, sa valeur artistique, et sa nécessité, ne serait-ce que par les Mélodias de la Mélancolia de Nicolas Bacri dédiées à la soprano. Dans les autres pages, l’art, le style personnel de l’artiste, son timbre si particulier réussissent même à faire oublier les interprétations d’illustres consœurs. L’orchestre présent ici est l’Orquesta Nacional de Espana.

1 CD DG (Deutsche Grammophon)

Michel Grialou

 

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