La Vénus électrique, un film de Pierre Salvadori
C’est le film qui a phagocyté tous les médias depuis une semaine. Présenté à grand renfort de tambour, La Vénus électrique, hors compétition, a fait l’ouverture du Festival de Cannes 2026. A la clé, quatre stars à l’affiche. Business as usual. Il n’est que de se souvenir, concernant le réalisateur Pierre Salvadori, combien nous avons aimé Dans la cour (2014), En liberté (2018) ou encore La Petite bande (2022), pour mesurer notre impatience à retrouver son cinéma profondément humaniste, toujours teinté d’humour. Quant au casting, si l’on excepte une Gustav Kervern, ici en roue libre et peu convaincant, voir côte à côte Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Vimala Pons et Gilles Lellouche est, vous en conviendrez, une belle promesse.

Gustav Kervern (Titus) et Anaïs Demoustier (Suzanne) – © Les Films Pelléas
Parsi, 1928. Dans les recoins peu glorieux de la Foire du Trône. Titus est le patron d’une attraction : La Vénus électrificata. Suzanne, ladite Vénus, embrasse sur les lèvres de pauvres hommes qui pensent alors subir le coup de foudre, en fait, au moment du baiser, Suzanne reçoit une décharge électrique qu’elle transmet à son soupirant du moment, tout en se brûlant copieusement les paumes des deux mains. Par inadvertance, elle est témoin d’une séance de spiritisme qu’une voyante facture grassement à un peintre, Antoine, dans l’incapacité de faire le deuil d’Irène, sa jeune femme disparue depuis peu Prenant incidemment le relai de la spirite, Suzanne va continuer les séances au domicile de l’artiste, sous le regard intéressé d’un galeriste, Armand, qui harcèle Antoine afin que celui-ci se remette à travailler. Ce qu’il ne va pas manquer de faire, d’autant qu’ »Irène » va lui demander de produire de plus en plus. Et pour cause, Suzanne a passé un deal avec Armand et touche une commission sur ses ventes. Sauf que, voilà, Suzanne va tomber amoureuse d’Antoine. Nous entrons alors à pieds joints dans un romantico-romanesque plombé par des séquences redondantes et un scénario qui s’étire sur plus de deux heures. Certes il convient de souligner une belle reconstitution d’époque, c’est vrai, et des acteurs qui s’engagent en tentant de ne pas trop surjouer des personnages terriblement prévisibles, mais l’ennui finit par prendre le pas sur le coup de foudre attendu.

