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Acide Lyrique prend soin de nos zygomatiques comme personne !

13 Jan Publié par dans Humour, Opéra | Commentaires

Quand la Carmen d’Acide Lyrique dirige son monde : le public exulte.

Acide lyrique n’en est plus a ses premiers spectacles et à présent, passée la folie créatrice effrénée de leurs débuts, et leurs audaces ubuesques et poétiques débridées, ils savent maintenant concentrer la lumière et les tensions zygomatiques des spectateurs sur le cœur du mythe de l’opéra : La Diva.

Et toute la petite compagnie, une partie du public aussi, de se mettre a genou pour lui rendre le culte que son rang exige. Stéphanie Barreau en Carmen fait ainsi une entrée en scène digne de feu Johnny. Le pianiste Eric chauffe la salle, distribue des fleurs pour la diva et fait «  monter l’ambiance ». Carmen, alias Stéphanie Barreau,  entre tout sourire entre Castafiore et divine mère nature. Elle devient rapidement un mélange irrésistible de mauvaise foi, d’orgueil et de pure bonté. Le jeu de Stéphanie Barreau a gagné en fermeté et en charme ravageur. L’humour l’habite jusqu’au bout des orteils. Elle se déplace entre les rangs du public, elle se mêle aux choristes provinciaux invités, avec gentillesse, humour et amour, avant de « découvrir » celui qui sera son Don José et ensuite son Escamillo. La relation de soumission établie avec son pianiste « coucouche piano » est inénarrable. Stéphane Delincak est un partenaire de choix sachant se soumettre avec grand art. C’est en tout cas sa maestria au piano incroyable qui donne toute sa tenue musicale au spectacle. Il réussi des arrangements fluides ou brusques qui stimulent l’oreille du public novice comme du plus averti. Avec mauvaise foi et partis pris assumé Carmen donne sa version de l’opéra de Bizet choisissant les airs et sabrant complètement l’acte 3. Elle arrivera avec brio à décrocher l’Agonie-Award grand moment de théâtre burlesque. Ou comment rire avec la mort à l’opéra !

Les incursions vers la musique religieuse, celle de Wagner et des Beatles sert d’exutoire à ce spectacle et permet au ténor Omar Benallal et au baryton Vincent Arnaud Gautier de Fitte de Soucy de rééquilibrer leur présence vocale. Tout dans ce spectacle semble imprévisible et arrache rires et fous rires au public. Un beau moment de complicité et d’humour avec de vrais musiciens et de « sacrées voix » !

Un beau spectacle qui lutte contre la morosité et la platitude à retrouver en 2018 ici et là et que la Sécu devrait rembourser…

Hubert Stoecklin

Compte rendu spectacle lyrique. Saint-Orens-De-Gameville, Salle Altigone. Le 22 décembre 2017. Opéra pastille 2. Compagnie Acide Lyrique. Stéphanie Barreau : Mezzo de Vincennes, Mise en scène ; Stéphane Delincak : Pianiste Eric, compositions et arrangements musicaux ; Omar Benallal : Ténor Massif ; Vincent Arnaud Gautier de Fitte de Soucy : Baryton Au Naturel. Auteurs : Acide Lyrique et David Requien. Conseiller artistique : David Requien. Costumes : Sohüta.

Acide Lyrique site Web

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