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Jeunes musiciens, vastes musiques

06 Avr Publié par dans Musique classique | Comments

Les deux invités du prochain concert de l’Orchestre national du Capitole sont issus de la jeune génération appelée à renouveler l’approche de la musique. Le chef d’orchestre vénézuélien Rafael Payare et le violoniste américain Benjamin Beilman seront à Toulouse le 14 avril dans un programme associant Jean Sibelius et Richard Strauss.

À 36 ans, Rafael Payare apparaît comme l’un des chefs les plus passionnants de sa génération. Diplômé de la célèbre école El Sistema au Venezuela, il a commencé ses études de direction en 2004 avec José Antonio Abreu et il a dirigé tous les plus grands orchestres du Venezuela comme le Simon Bolivar Orchestra. Il a remporté la prestigieuse Malko Conducting Competition en 2012 et a travaillé avec entre autre, le Rotterdam Philharmonic, le City of Birmingham Symphony et l’orchestre Philharmoniques de Los Angeles et le Royal Stockholm Philharmonic Orchestra. Chef principal de l’Orchestre d’Ulster depuis septembre 2014, Rafael Payare est également Chef principal du Festival Castleton en Virginie depuis juillet 2015, succédant à Lorin Maazel. En juillet 2012, ce dernier invitait alors le jeune chef à diriger lors de ce festival.

Le chef d’orchestre vénézuélien Rafael Payare – Photo The Arts Desk –

S’en suivit une étroite collaboration qui mena Rafael Payare à prendre la suite de son mentor, fondateur du Festival de Castleton. En tant que Chef assistant, il a travaillé sous la direction de Gustavo Dudamel et de Claudio Abbado. Il a également dirigé les orchestres philharmoniques de Vienne et de Munich, le London Symphony Orchestra et l’Orchestre symphonique de Chicago.
Rafael Payare revient au pupitre de l’Orchestre du Capitole après une première invitation en juillet 2013. Il dirigera cette fois deux grands poèmes symphoniques : la Suite de Lemminkäinen (sous-titrée Quatre légendes), Op. 22, de Jean Sibelius, et la célèbre fresque orchestrale Also sprach Zarathustra (Ainsi parlait Zarathoustra) de Richard Strauss.
La partition de Sibelius est un ensemble de quatre pièces symphoniques écrites entre 1893 et 1895 et inspirées du Kalevala, cycle mythique finlandais décrivant les aventures d’une sorte de « Don Juan » nordique. Ainsi parlait Zarathoustra, de Strauss, est librement inspirée du poème philosophique éponyme de Friedrich Nietzsche dans lequel le compositeur parcourt la transition de l’homme de ses origines jusqu’au « surhomme ». Une citation du philosophe est mise en exergue de la partition : « La musique a trop longtemps rêvé ; nous voulons devenir des rêveurs éveillés et conscients. »

Le jeune violoniste américain Benjamin Beilman – Photo Giorgia Bertazzi –

En outre, Rafael Payare accompagnera le violoniste Benjamin Beilman dans le concerto de Jean Sibelius. Né en 1989 à Washington aux États-Unis, Benjamin Beilman se passionne pour le violon, étudie à l’Institut de musique de Chicago avec Almita et Roland Valmost, puis à l’Institut Curtis de Philadelphie, avec Ida Kavafian et Pamela Frank. Il grave en 2011 une intégrale des sonates de Prokofiev, et travaille avec le grand violoniste Christian Tetzlaff. Le 17 janvier 2011, il fait ses débuts à Paris, à l’occasion d’un récital organisé par Radio France et diffusé par France Musique. Il quitte l’Institut Curtis en mai 2012. En 2013, il a joué notamment au Carnegie Hall à New York, puis au Wigmore Hall à Londres. Il a remporté le premier prix du Concours international de musique de Montréal, le prix Musical Fund Society Career de Philadelphie, les auditions des Young Concert Artists en 2010, et la bourse Avery Fisher en 2012. En 2014, il fut lauréat de la bourse Borletti-Buitoni.

Benjamin Beilman sera donc à Toulouse le soliste du concerto pour violon en ré mineur, op. 47, composé par Sibelius entre 1903 et 1904, puis révisé en 1905. Cette partition se distingue en particulier par la relation subtile qu’elle établit entre soliste et orchestre. En effet, l’orchestre possède dans ce concerto un rôle majeur, bien loin du simple accompagnement, conférant à cette pièce une réelle dimension symphonique.

Serge Chauzy
une chronique de ClassicToulouse


Orchestre National du Capitole de Toulouse

vendredi 14 avril 2017 à  20h00

Halle aux Grains de Toulouse


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