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A la (re)découverte de Fakear

A la (re)découverte de Fakear

A l’occasion de sa venue au Zénith de Toulouse, attardons-nous sur l’une des figures les plus en vogue de la « French Touch », cette vague française qui submerge et sublime la scène Electro en y apportant une nouvelle couleur. Déjà présent dans la programmation musicale toulousaine en Mai, où Fakear – aka Théo le Vigoureux – avait fait vibrer le Bikini accompagné de ses collègues du label Nowadays Records, il revenait jeudi en raison d’une demande du public qui, à l’époque, dépassait largement la capacité du Bikini. Retour sur un artiste paradoxal.

Fakear et ses pads à Toulouse, © Antony Chardon – Thorium Magazine

Fakear tient donc sa place dans la scène electro française. Pourtant, et c’est là un premier fait étonnant, il commença sa carrière en tant que guitariste dans un groupe de rock; et c’est Superpoze (une autre figure importante de la French Touch, et ami de Fakear) qui l’a initié il y a quelques années à la musique électronique. Depuis, sans dire que l’élève a dépassé le maître tant leurs registres respectifs sont différents, Fakear a su s’imposer dans la sphère musicale française, et notamment auprès des jeunes. Bien que relativement absent des chaînes télévisées et autres radios, il a cet été fait bouger les plus gros festivals 2016, traversant la France de fond en comble.

On est en droit de se demander alors : pourquoi un tel succès?  Sans doute parce que sa musique s’inscrit dans un genre à la fois très nouveau dans sa popularisation, mais assez ancien dans sa production, s’ancrant dans la lignée de ce que faisait le groupe Bonobo par exemple (groupe qui a beaucoup inspiré Fakear selon ses propres mots). Alliant une évasion auditive avec l’imprégnation musicale de cultures telles que le Japon, l’Inde ou le Moyen-Orient, un sentimentalisme extrêmement « sauvage » (et le nom de son album le montre bien : Animal) et une utilisation parfaite de pads envoûtants, le rendu final ne saurait être que plaisant. Pourtant, lors de cette deuxième venue, le modèle live de Fakear s’est métamorphosé de manière impressionnante. Alors, quelles sont les innovations de ce nouveau liveshow?

Fakear 2.0

Deux choses marquent avant tout : un groupe entier présent sur scène, et un show lumière refait à neuf: « J’ai des musiciens avec moi, un gros show lumière ». Et en effet, c’est un tournant magistral depuis sa première date au Bikini, où nous avions rendez-vous avec une scène beaucoup plus restreinte, là où seuls Fakear et ses pads faisaient vibrer la salle avec un show lumière certes appréciable, mais bien loin du show offert Jeudi. Alors, la scène du Zénith s’est vue revêtir une installation graphique extrêmement travaillée, surplombée de 3 figures géométriques reproduisant le logo de l’artiste:

Une installation scénique lumineuse et flambant neuve - @coralietlse

Une installation scénique lumineuse et flambant neuve – @coralietlse

Quand à sa bande, constituée désormais de sept musiciens, ils rendent l’oeuvre plus instrumentale, plus souple également aux improvisations ; en somme cela est-il pour Fakear un retour symbolique à ses racines rocks. La réception sonore en est véritablement changée par rapport à sa prestation au Bikini, pour le plus grand bonheur ceux qui ont pu assister aux deux représentations. Mais une dernière différence, et non des moindres, venait parfaire la soirée : la première partie était assuré par le talent immergeant Møme.

Møme, DJ et guitariste de talent - ©Antony Chardon

Møme, DJ et guitariste de talent, © Antony Chardon – Thorium Magazine

Møme :  énergique et innovant

Le nom de Møme est encore inconnu de certains, mais son succès planétaire Aloha lui ne l’est pas. Et pour cause, cela fait quelques semaines que ce tube fait le tour des ondes radios à la recherche de nouveaux fans à conquérir. A l’écoute de celui-ci, on comprend de suite le choix des programmeurs du Zénith de le mettre en première partie. En effet, nous retrouvons tous les ingrédients ou presque qui ont fait de la musique de Fakear un succès : la voix mise en valeur, une rythmique bien marquée et travaillée, un petit côté exotique avec la contribution de l’australienne Merryn Jeann; et cette influence rock qui se transmet au travers des solos de guitare parfaitement exécutés. Une recette gagnante, au vu de l’acclamation que l’artiste a eu auprès du public toulousain.

Une chanson française 2.0 ?

Finalement, ce concert met en valeur une facette de la nouvelle scène française, celle-là même qui tourne autour du trio désormais quasi-mythique pour les passionnés : Fakear-Thylacine-Superpoze. Mis en avant par le magazine Tsugi (nous rappelant immanquablement Rock’n’Folk et son trio d’alors Brel-Ferré-Brassens), les trois nordistes viennent apporter une nouvelle fraîcheur à la musique française, la représentant maintenant dans le domaine de l’electro. Ce faisant, ils auront sans doute inspiré plus d’un artiste, à l’instar de Møme ou encore du tout jeune parisien Petit Biscuit, qui viendra rendre visite à notre ville rose au mois de Février prochain pour un concert au Bikini.

En attendant, vous pouvez toujours tendre l’oreille auprès de tous ces artistes au travers de la playlist ci-dessous. Vous ne manquerez certainement pas de trouver ce qui vous plait, mais vous pourrez également entendre les morceaux de la plupart des artistes de cette chronique.

Et si vous souhaitez retrouver toutes les photos du concert au Zénith de Toulouse, rendez-vous sur la page de Thorium Magazine : http://thoriummag.com/fakear-mome-photos/

David Vacher

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