Close

Connaissez-vous… Bliss de Drew Barrymore

03 Fév Publié par dans Cinéma | Comments

Chaque mercredi, nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir un film américain passé inaperçu lors de sa sortie. 

Bliss de Drew Barrymore

bliss fotoDans son bled perdu du Texas, Bodeen, Bliss s’ennuie. Âgée de dix-sept ans, elle participe à des concours de beauté pour faire plaisir à sa mère et sous l’indifférence débonnaire de son père. La seule « évasion » de la jeune fille est son job de serveuse dans une cafétéria voisine où travaille aussi sa meilleure amie Pash. Ensemble, elles rêvent de quitter leur trou. Un jour, Bliss découvre lors d’une virée à Austin un étrange sport, le Roller Derby (une course virile de cinquante minutes entre deux équipes de roller), pratiqué par de jeunes femmes au look assurément rock et sexy. En cachette de ses parents, Bliss va intégrer une équipe à la traîne, se faire de nouvelles amies, tomber amoureuse et surtout devenir sur la piste la redoutée Barbie Destroy à la vitesse foudroyante… Drew Barrymore a fait partie de la longue lignée des enfants stars d’Hollywood (elle fit ses débuts au cinéma à quatre ans et on la vit notamment dans E.T.) et après une adolescence chaotique (drogue et alcool), elle est devenue l’une des actrices en vue d’Hollywood (Charlie et ses drôles de dames). Pour sa première réalisation, en 2009, elle a choisi d’adapter un roman autobiographique de Shauna Cross autour d’un sport marginal et démodé qui évoque une sorte de catch féminin sur roulettes (le Roller Derby inspira dans un registre plus gladiateurs le film Rollerball de Norman Jewison).

Mêlant la comédie et quelques ressorts mélodramatiques, Bliss est un récit d’initiation et d’apprentissage qui dépasse le strict cadre du produit pour adolescents. Sans prétention, mais avec beaucoup de finesse et de délicatesse, la cinéaste assume les clichés (premier amour, premier chagrin d’amour, dispute avec les parents… ) tout en les détournant. Ainsi, l’héroïne n’est pas un « vilain petit canard » se transformant en championne, ses parents ne sont pas des êtres bornés tandis que l’on échappe du côté de la trame sportive au traditionnel schéma revanche / victoire. Tout en s’adjugeant un petit rôle, Drew Barrymore a enrôlé d’excellents comédiens : d’Ellen Page (révélée dans Juno) qui tient le rôle-titre à Marcia Gay Harden, Juliette Lewis, Jimmy Fallon, Alia Shawkat, E.VE. Kristen Wiig ou Andrew Wilson. Si les bons sentiments sont au rendez-vous, ils sont tempérés autant par de petites touches désenchantées que par de jubilatoires embardées régressives dénuées de vulgarité. Du générique à la bande originale, tout est soigné dans ce film qui, à l’instar du Boulevard de la mort de Tarantino (on retrouve d’ailleurs ici l’étonnante Zoé Bell), est une ode aux filles libres et sauvages dont le féminisme ne s’embarrasse pas de théories du genre, mais aussi une évocation sensible du passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Christian Authier

Partager : Facebook Twitter Email

 


Christian Authier Plus d'articles de