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Tugan Sokhiev, le «Dirigentenwunderwaffe» persiste et signe : c’est fait !!

18 Mai Publié par dans Musique classique | Commentaires

Le « chef d’orchestre miraculeux » devait être conforté dans son fauteuil de Directeur musical de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse jusqu’en 2019. Il l’est depuis le 12 mai 2015, 18h45. Consultez l’horloge ! Il occupe cette fonction depuis le 1er septembre 2008. Reconduit par l’équipe municipale précédente et le maire Pierre Cohen en 2012, l’aventure toulousaine se poursuit. Qui va s’en plaindre ? Sûrement pas les musiciens dont un certain nombre, maintenant, ont été recrutés par ses soins. Et sûrement pas le public non plus. Un quotidien national n’évoque-t-il pas une véritable “sokhievmania“ à Toulouse ?

Le sésame pour la suite a été concrétisé au cours d’une délibération du Conseil Municipal de Toulouse en date du 10 avril sous la présidence du maire, Jean-Luc Moudenc. Finalement, Tugan Sokhiev a la cote à Toulouse, disons Toulouse et ses suburbs, mais Toulouse a bien aussi la cote auprès de … son chef ! Toulouse, côte à côte avec Moscou et son Bolchoï, pas trop mal comme image. Et, ce sont surtout les membres de l’orchestre qui peuvent être confortés, et fiers de conserver quelques années de plus, un “patron“ de ce niveau. Surtout que l’on dit, trois, mais ce sera quatre, sûrement !

La période est chargée. Entre les répétitions et les représentations qui ont débuté de l’opéra bouffe Les Fiançailles au couvent et le concert Dutilleux – Ravel de ce samedi 23 mai, il faut caser la conférence de presse annonçant la prochaine saison de l’ONCT, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, conférence de presse le jeudi 21 mai et, présentation au public très nombreux des abonnés le soir même, à la Halle, à 19h30, en présence de son chef.

Les louanges décernées pour ce spectacle donné en janvier 2011 sont bien à nouveau au rendez-vous. Et il faut le faire savoir. L’œuvre, que dis-je, cet étonnant chef-d’œuvre, est loufoque et pas évident, ni à mettre en scène, ni à distribuer côté voix, ni à diriger. Il faut le trouver le riche et vieux marchand de poisson, et son impayable Duègne !  En tirant la mise en scène vers un côté “gogolesque“ ou “chostakovitchien“, comme vous voudrez, grâce à une transposition du meilleur effet, pleine de pertinence autant que d’humour, Martin Duncan et tous ses acolytes ont réussi leur entreprise, délivrant un spectacle qui fonctionne au cordeau, plaisant de bout en bout, que dis-je !! réjouissant, parfaitement maîtrisé, d’une intarissable fantaisie, que l’on regrette de ne pas avoir pour fin décembre !! Choristes et solistes jouant le jeu, tous chantant fort bien, vous rajoutez un orchestre éclatant, galvanisé par son chef pour qui cette musique va comme un gant, et vous avez là un des meilleurs spectacles dans le genre, donné ces dernières années sur la scène du Capitole. Qu’il est loin le pitoyable Les Mousquetaires au couvent !!

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Quelques infos à nouveau sur notre ossète préféré : Tugan Sokhiev est Directeur musical de l’Orchestre national du Capitole depuis 2008 après avoir été pendant trois ans premier chef invité et conseiller musical. Il est loin et à la fois tout proche ce concert d’octobre 2003 à la Halle qui l’a fait connaître au public, un public captivé par une magnifique direction d’un Romeo et Juliette de  Prokofiev. Il est aussi Directeur musical du Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin depuis septembre 2012. Son contrat s’achèvera en 2016. On retient qu’entre Toulouse et Berlin, Tugan Sokhiev a fait le choix de notre bonne Ville rose quand lui est “tombé“ dessus une nomination prestigieuse qu’il pouvait difficilement refuser, celle de :  Directeur musical et Chef principal du Théâtre du Bolchoï à Moscou. Elle est effective depuis janvier 2014. Entre, Valery Gergiev et le Théâtre Mariinsky et Sokhiev, Directeur du Bolchoï et son ONCT, il y a du beau monde qui passe par la Halle !!

Mais, pour ce dernier, la masse de travail ne suffit pas puisqu’il est aussi Chef invité. Il débute ainsi, en 2014/2015, à la tête du London Symphony Orchestra et dirige l’Orchestre philharmonique de Berlin et le Philharmonia Orchestra (qu’il dirige chaque saison).

En 2013/2014, il a dirigé notamment l’Orchestre symphonique de la NHK, l’Orchestre symphonique de la Radio finlandaise et fait ses débuts à la tête de l’Orchestre de Philadelphie. En 2012/2013, il a dirigé pour la première fois avec succès l’Orchestre symphonique de Chicago et le Gewandhaus de Leipzig, et il retourne à l’Orchestre Philharmonique de Vienne.

Au cours des dernières saisons, il est invité par les orchestres philharmoniques de Rotterdam, Oslo, Munich, de Radio France, l’Orchestre national philharmonique de Russie, l’Orchestre de l’Académie Sainte-Cécile de Rome, l’Orchestre symphonique de Bournemouth, l’Orchestre de la RAI de Turin, l’Orchestre du Staatsoper de Munich, les orchestres symphoniques de la radio suédoise, de Vienne, de Francfort, l’Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam, l’Orchestre national de France…En un mot, il a donc dirigé déjà toutes les plus grandes phalanges ou presque de réputation mondiale. Il réalise une tournée en Europe avec le Philharmonia Orchestra et le Mahler Chamber Orchestra, et effectue également de nombreuses tournées à la tête de l’Orchestre National du Capitole : Europe, Chine, Russie, Royaume-Uni, Amérique du Sud, J

Bien sûr, Tugan Sokhiev et sa phalange toulousaine ont fait partie du “gratin“ des formations invitées pour les soirées d’inauguration de la Philharmonie de Paris en février et mars 2015, des concerts acclamés par un public enthousiaste et conquis.

Dans le domaine lyrique, Tugan Sokhiev débute en 2002 au Welsh National Opera avec La Bohème. L’année suivante, il dirige Eugène Onéguine au Metropolitan Opera à New York, dans la production du Théâtre Mariinsky. En 2004, il débute en France au Festival d’Aix-en-Provence avec L’Amour des trois oranges, ouvrage qu’il dirige ensuite au Luxembourg et au Teatro Real de Madrid. En 2006, il est invité au Houston Grand Opera pour Boris Godounov. Il dirige La Dame de pique (2010) et Boris Godounov (2012) au Staatsoper de Vienne, La Dame de pique, Iolanta, Les Fiançailles au couvent, Tosca, et Cavalleria Rusticana / Paillasse au Théâtre du Capitole. En 2014/2015, il dirige La Pucelle d’Orléans, La Traviata et Carmen au Théâtre du Bolshoï et reprend Les Fiançailles au couvent à Toulouse en ce joli mois de mai.

En 2005, sa prestation au Théâtre des Champs-Élysées avec l’Orchestre national du Capitole lui vaut d’être nommé « Révélation musicale de l’année » par le Syndicat de la critique Théâtre, Musique et Danse. En 2014, le Syndicat de la critique le nomme « Personnalité musicale » dans la catégorie instrumentale.

Le 18 octobre 2013, Tugan Sokhiev reçoit les insignes de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite.

Remarque : sa discographie avec l’Orchestre National du Capitole compte quatre enregistrements chez Naïve : Tableaux d’une Exposition de Moussorgski / Symphonie n°4 de Tchaïkovski ; Pierre et le Loup de Prokofiev ; Concerto pour violon n°2 de Prokofiev / Danses symphoniques de Rachmaninov ; Symphonie n°5 de Tchaïkovski / Ouverture festive de Chostakovitch. Cette discographie s’est étoffée en décembre 2012 avec un disque Stravinski : L’Oiseau de feu (1919) / Le Sacre du Printemps

Son premier disque à la tête du Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin, Ivan le Terrible de Prokofiev, avec Olga Borodina, est paru au printemps 2014 (Sony Classical).

Michel Grialou

Orchestre National du Capitole 

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