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Passion et partage, par les enfants d’Alix Bourbon

16 Mar Publié par dans Musique classique | 1 commentaire

Oratorio Le Messie de Haendel, Halle aux Grains, le dimanche 15 Mars

Direction Jean-Marc Andrieu

Chœurs : Ensemble vocal A contretemps dirigé par Guy Zanesi, Archipels, l’atelier vocal des Éléments de Joël Suhubiette, l’Ensemble vocal Nota Bene mené Delphine Armand.

Solistes : Rany Boechat soprano

Leandro Marziotte Alto

Sébastien Obrecht Ténor

Julien Véronèse Basse

Et plus de 600 choristes invités :

Arioso, Ensemble Mezzo, Chorale Atout chœur, Ensemble Vocal du Jacquemart, La Badine, Chœur Pastel, Les voix du plateau, Ensemble Vocal de Tournefeuille, Maceria

© Isabelle Allamargot

Plus qu’une représentation de ce célèbre et magnifique oratorio de Haendel sur la naissance, la résurrection du Messie et de la rédemption, il s’agissait ce jour-là non pas de la rédemption des « évènements vocaux Alix Bourbon », mais d’une immense fête de l’amitié, afin de rendre hommage à celle qui aura fait naitre bien des vocations et des chorales. Jean-Marc Andrieu, Joël Suhubiette, Jean-Louis Comoretto entre autres.  Et qui n’a pas été assez célébrée pour son rayonnement. Aussi ce concert était placé sous le signe de la reconnaissance et de la ferveur.

Alix Bourbon par quelques paroles émues, avec un juste hommage à Michel Plasson et à la défense de la musique amateur, avait placé ce concert sous le signe de l’émotion. Et de l’émotion il y en eut à foison ;

Jean-Marc Andrieu comme en juin 2001 pour sa première édition pour les 70 ans d’Alix Bourbon a su à nouveau réunir, insuffler sa propre passion à tous les ensembles issus de EVAB (ensembles vocaux Alix Bourbon), qui ont fusionné pour rendre à tout l’apport et le travail d’Alix Bourbon.

© Isabelle Allamargot

Ce petit miracle s’est d’ailleurs perpétué lors d’une Passion selon Saint-Jean (2003) et Saint-Matthieu (2001) et aussi l’Oratorio de Noël de Bach (2005). Chaque fois ce fut, et j’en témoigne, un grand moment de partage entre musiciens professionnels, chorales amateurs qui aura enthousiasmé tout un public, pas forcément celui habituel des concerts.

Le vaisseau de la Halle aux Grains se prête parfaitement à cette fusion émotionnelle, avec la possibilité de répartir les chœurs comme pour la Passion Saint-Matthieu des deux côtés du plateau. Et l’irruption des chorales invitées, qui ne se limitent pas au célèbre Alléluia, mais renforcent bien des passages, est impressionnante et saisit le public.

Et que dire, sinon notre émerveillement de l’homogénéité, le fondu, la perfection des chœurs principaux, Archipels, À contretemps, Nota Bene, qui ne formaient qu’un seul cœur battant à l’unisson. La limite entre chœur professionnel et chœur amateur n’avait alors plus de sens.

Jouant l’intégralité de la partition dans ses trois parties, porté par des musiciens et des solistes professionnels, Jean-Marc Andrieu est le grand architecte de cette immense « messe » de musique.

Précis, souple, attentif, à ses solistes, même ceux paralysés par le trac, il est le preux capitaine qui mène à bon port le bateau chargé à ras bord de notes.

© Isabelle Allamargot

Le choix de réduire les solistes prévus initialement (soprano, mezzo-soprano, contralto, ténor et basse) à la version habituelle à quatre impose à l’alto des efforts pas toujours maitrisés. Les deux autres solistes, surtout la basse très remarquable, sont irréprochables.

Certes la perfection n’est pas de ce monde, et si la langue anglaise n’est parfois pas facile à saisir, si la soprano du moins pour la représentation de 15h est trop émue, mais totalement concernée pour ce monument classique qui lui est peu familier, ce ne sont qu’anecdotes dans un ensemble somptueux et surtout fervent.

Les vingt-cinq musiciens de l’Orchestre baroque de Montauban Les Passions ont été le support parfait de cette œuvre souvent lumineuse, parfois aussi sombre, mais toujours d’une inépuisable beauté mélodique dans ses arias souvent lyriques, parfois triomphantes, et aussi méditatives.

Jean-Marc Andrieu a très souvent dirigé cette œuvre, mais pour ce concert avec la vague humaine des chœurs supplémentaires, on le sent ému, heureux. Finalement le bonheur est dans le chœur. Et le bonheur passe dans le public qui dans son ovation finale semble participer à la fusion musicale de la passion et du partage.

Maintenant Jean-Marc Andrieu doit se sentir prêt pour diriger la symphonie des Mille de Gustav Mahler !

Gil Pressnitzer

 

alixbourbon

Sites Internet

Les Passions
Choeur de Chambre les Eléments
Evénements vocaux Alix Bourbon

A Contretemps

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photos :  © Isabelle Allamargot

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Un commentaire

  • Michel Duvigneau dit :

    Très content d’avoir retrouvé la trace d’Alix Bourbon, après l’avoir plusieurs fois recherchée sur Internet, sans succès.
    Nous nous connaissions bien au milieu des années 60, lorsque je travaillais à Toulouse. J’aimerais bien avoir les coordonnées d’Alix, et son mail, si c’est possible.
    En attendant je l’embrasse bien, ainsi que sa sœur Françoise.
    Michel


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