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Cartel

21 Nov Publié par dans Cinéma | Commentaires

Cormac McCarty / Ridley Scott. Il y a des associations de noms qui font saliver.

On connaît le premier pour ses excellents romans, sombres et désabusés. Plusieurs ont déjà été adapté au cinéma, de façon un peu gentillette parfois (De si jolis chevaux) et bien plus intéressante à d’autres (No country for old menLa route).

On ne présente plus le deuxième, réalisateur anglais qui enfanta de la créature d’Alien, mêla philosophie robotique et pluie incessante (Blade Runner), envoya deux copines par dessus le Grand Canyon (Thelma et Louise) et fit rentrer Russel Crowe dans l’arène (Gladiator). Pour son dernier long – métrage, Ridley Scott s’allie donc à Cormac McCarty, qui signe avec Cartel son premier scénario original.

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On suit ici le parcours d’un avocat sans nom mais dont les dents rayent le parquet. S’il a un jour exercé cette activité, il a depuis longtemps délaissé la défense de la veuve et de l’orphelin pour se consacrer à des affaires autrement plus lucratives. Sa vie est à son image : cool, classe, clinquante. Un voyage d’affaires à Amsterdam, c’est l’occasion d’une visite chez un diamantaire (histoire d’offrir un petit caillou à sa dulcinée), une réunion chez son collaborateur, c’est l’opportunité de savourer un cocktail autour d’une luxueuse piscine en abordant le dernier business en date (l’acheminement de quelques 600 kg de drogue en provenance directe du Mexique).

Pour l’avocat, l’avenir est serein, les affaires faciles, l’objectif étant de s’en mettre plein les fouilles tout en se salissant les mains le moins possible.

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Il serait pourtant judicieux d’écouter plus attentivement les conseils avisés de ses associés, les trahisons étant toujours possibles et le narco – trafiquant floué ne possédant pas la même éducation que Nadine de Rothschild.

Bienvenue au pays des apparences et du bling bling ². Bienvenue dans un monde où la vie humaine compte peu, la cupidité règne en maîtresse incontestée et où les actes ont toujours des conséquences fâcheuses.

McCarty signe une histoire où le lumineux côtoie les ténèbres, où celui qui se croit intouchable va avoir tôt fait d’être rappelé à l’ordre.

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Sans être éclatante, la réalisation de Ridley Scott est efficace, se mettant en retrait au profit du récit. Sur le fond, le film n’est pas toujours aussi linéaire qu’il le devrait, manquant quelquefois de tempo, s’avérant parfois un peu trop pipelette. Sur la forme par contre, le réalisateur fait bien les choses : décors ultras étudiés, soins tout particuliers apportés à l’apparence des personnages, acteurs de compète cabotinant juste ce qu’il faut.

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Le couple Reiner / Malkina en est la parfaite incarnation, le personnage de Cameron Diaz explosant tous les compteurs du bon goût : coupe de cheveux rihannesque, chicot plaqué or, tatouage  » papatte de félin  » courant le long du dos, vernis chromé et robe imprimée façon éblouissement rétinien permanent.

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Elle est d’une efficacité redoutable et bénéficie d’une des scènes les plus mémorables (et paradoxalement drôle) du film puisqu’elle y fait l’amour à une voiture de sport (je sais, ça peut paraître bizarre dis comme ça), sous les yeux exorbités d’un Javier Bardem aussi incrédule qu’au bord de la nausée.

A propos de l’acteur hispanique, il serait bon que celui – ci lève un peu le pied sur le concept  » un film, un personnage, un look extrême  » tant le délire frise maintenant le ridicule (son jeu se suffisant largement à lui seul).

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Mec, tu vois, comme j’ai les moyens, j’ai un sèche cheveu qui possède la puissance d’un moteur V8.

On y croise croise également une jolie Pénélope Cruz, un Brad Pitt en chapeau de cow – boy maniant toujours royalement le second degré et un Michael Fassbender auquel Ridley Scott renouvelle sa confiance (puisqu’il l’avait déjà embauché sur Prometheus).

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Comme à son habitude, l’acteur germano – irlandais y est impeccable, évoluant avec une classe folle, incarnant parfaitement cet avocat qui n’a pas de nom et se croit à l’abri de tout, dont la morgue et l’assurance vont s’effriter pour faire place à une lucidité bien tardive.

Cartel est un bel objet, rutilant, sur lequel on ne s’attardera pas plus que nécessaire, à l’image des guépards de compagnie de Malkina, racés, cruels et traversants l’écran à toute allure.

En vous remerciant

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