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Fin de saison en beauté aux Grands Interprètes avec, d’un côté, Rolando Villazon et Verdi, et de l’autre, Chung et Mahler. En attendant une très alléchante saison 13/14

19 Juin Publié par dans Opéra | Commentaires

La soirée  du 24 juin fait partie d’une tournée intitulée, les « Grandes Voix ». Rolando Villazon a choisi de célébrer le bicentenaire de Giuseppe Verdi mais loin des « tubes » habituels, rabâchés jusqu’à saturation. Il explore alors du côté des opéras beaucoup moins connus du natif de Roncole, délaissant les Traviata, Rigoletto, et autres. Il offre des arias rarement chantées en récital, ou données dans le cadre de l’opéra dans son entier. L’orchestre se charge de faire le lien et d’assurer les temps de repos du ténor et ce, par des ouvertures et préludes.

Rolando Villazon © Felix Broede (DG)

Sa devise sur scène : « A chaque représentation, je continue de me donner à fond comme si c’était la dernière. » Il est vrai  que sur scène, sa crédibilité est un de ses atouts maîtres.   Mais encore : « Un concert, c’est terrible, c’est pire que de chanter trois opéras à la file. Il faut affronter au moins une quinzaine d’airs, la plupart se situant au climax de l’ouvrage…les récitals m’ont fait découvrir ce qu’était la fatigue vocale et physique. »

Le ténor franco-mexicain Rolando Villazón commence ses études musicales à Mexico, sa ville natale, et les poursuit à Pittsburgh et à San Francisco. En 1999, il remporte plusieurs prix au Concours « Operalia/Plácido Domingo », dont le «Prix de la Zarzuela» et le «Prix du public». Cette même année, il fait ses débuts en Europe, à Gênes, où il chante Des Grieux dans Manon, puis est invité à l’Opéra National de Lyon pour le rôle de Rodolfo (La Bohème) où il retourne ensuite pour La Traviata et Roméo et Juliette.

C’est avec le rôle d’Alfredo de la Traviata qu’il fait ses débuts à l’Opéra de Paris en 2000. Il est aussitôt remarqué par les plus grandes scènes internationales. Il va interpréter alors tous les plus grands rôles de ténors, avec les partenaires parmi les plus renommées, à un rythme impressionnant, et avec un engagement et vocal et scénique, une générosité qui en ont fait un des ténors actuels des plus prisés par son public. Cette théâtralité du geste et du chant est tout à fait caractéristique de l’artiste, et lui permet même, disons-le, d’en faire oublier quelques penchants un brin appuyés dans le mélodramatique, ou quelques aigus un peu tendus. Mais SON public lui pardonne tout !!

En récital, Rolando Villazón est apparu aussi aux côtés des principaux orchestres et chefs à travers le monde.

Rolando Villazon © Gabo (DG)

En 2007, il fait ses débuts allemands en récital avec les Dichterliebe de Schumann, accompagné par Daniel Barenboim, un succès qu’il réitère l’année suivante au Staatsoper de Berlin. Il  apparait aux côtés de Gerold Huber au Festival de Salzbourg en 2010 et au Musikverein de Vienne en 2011. On a pu l’entendre en concert en plein air à la Waldbühne de Berlin à l’occasion de la Coupe du Monde 2006 (avec Plácido Domingo et Anna Netrebko), et au Palais de Schönbrunn à Vienne pour l’Euro 2008.

Début 2011, il passe pour la première fois du côté de la mise en scène, pour une nouvelle production de Werther à l’Opéra de Lyon – il en a d’ailleurs chanté tout récemment le rôle-titre à Covent Garden. En 2012, il a mis en scène L’elisir d’amore au Palais des festivals de Baden-Baden, production dans laquelle il a également chanté le rôle de Nemorino.

saison 2012/13 : Rolando Villazón la débute avec des concerts au Festival de Brême et au Festival Klara de Bruxelles, suivis par le Requiem de Verdi donné à Philadelphie et au Carnegie Hall de New York sous la direction de Yannick Nézet-Seguin. On a pu également l’entendre en récital avec la Staatskapelle de Berlin sous la direction de Daniel Barenboim, dans des mélodies de Giuseppe Verdi réorchestrées par Luciano Berio, le Requiem de Mozart ainsi que des mélodies d’Elliot Carter en première mondiale. Il retourne au Musikverein de Vienne pour des concerts dirigés par Fabio Luisi, et on peut l’écouter en récital à Munich et à la Scala de Milan. Il effectue également une tournée Verdi à travers l’Europe, dont 4 dates sont programmées dans la série « Les Grandes Voix ». Toulouse, grâce à Grands Interprètes en fait partie.

Rolando VillazonA l’opéra, on peut l’entendre dans les rôles de Rodolfo à Covent Garden, Nemorino au Gran Teatre del Liceu et Alfredo au Staatsoper de Vienne. Il a fait ses débuts dans Lucio Silla de Mozart lors de la Semaine Mozart de Salzbourg, dans une nouvelle production dirigée par Marc Minkowski.

Déjà couronné par les Victoires de la Musique en 2003 dans la catégorie « Révélation Internationale », il a reçu en 2008 une « Victoire de la Musique » dans la catégorie « Artiste Lyrique de l’Année ». Il s’est vu élevé au grade de Chevalier des Arts et des Lettres en janvier 2008, à l’issue de son récital au Théâtre des Champs-Elysées dans la série des Grandes Voix.

Dans ce récital avec orchestre, il est accompagné par le Czech National Symphony Orchestra, une jeune formation d’une vingtaine d’années, renommée pour sa polyvalence, et qui peut déjà s’enorgueillir de nombreuses récompenses pour certains de ses enregistrements. Il est dirigé par Guerassim Voronkov, chef d’orchestre russe, né à Moscou en 1960, à la fois pianiste, violoniste et compositeur. Il affectionne plus particulièrement les répertoires russe et espagnol, mais ne dédaigne pas pour autant la musique italienne ! et plus particulièrement Verdi, et, à plus forte raison, quand c’est pour accompagner un artiste du niveau d’un Rolando Villazon.

Giuseppe Verdi
[10 octobre 1813, Roncole – 27 janvier 1901, Milan]

Nabucco
Ouverture (orchestre) – 7’31

I Lombardi alla prima crociata
La mia letizia infondere (Oronte) – 2’30

I masnadieri
Preludio (orchestre) – 5’00

Il corsaro
Eccomi prigioniero! (Corrado) – 3’43
Il mistero* – 4’30

Luisa Miller
Ouverture (orchestre) – 6’00
Quando le sere al placido (Rodolfo) – 5’13

Entracte

Otello
Preludio (orchestre) – 5’47

Oberto
Ciel, che feci!… Ciel pietoso (Riccardo) – 4’09

Macbeth
Baletti (orchestre)
O figli, o figli miei!… Ah! la paterna mano (Macduff) – 4’07

I vespri siciliani
Ouverture (orchestre) – 8’30
Deh, pietoso, oh Addolorata * – 4’15
L’esule* – 8’13

* Orchestration de Luciano Berio (1925-2003)
Verdi , par G. Boldoni (1886)

Quelques “encore“ sont à prévoir !!!!!! Et peut-être bien une standing ovation ! 

Michel Grialou

lundi 24 juin – Halle aux Grains
Réservation

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