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Comédie sous acide

18 Sep Publié par dans Cinéma

« Cherchez Hortense », un film de Pascal Bonitzer

Eclaircissons immédiatement un sujet : premièrement Hortense n’est pas une femme mais un homme particulièrement influent politiquement, deuxièmement, même si tout le film parle de lui, il n’apparaît que cinq minutes à l’écran. Ces cinq minutes sont un condensé de l’égoïsme et de la cruauté des milieux politiques. Explication. Pascal Bonitzer vient de nous plonger dans un milieu bobo parisien tout à fait quelconque, ou du  moins usuel et donc banal. Damien est prof en civilisation asiatique, il est marié à Iva, metteur en scène de théâtre. Ils ont un fils pré ado qui les traite comme des chiens, ce qui leur importe peu. Soit. Par l’intermédiaire d’Iva, Damien se trouve en situation de demander à son père, Sébastien Hauer, conseiller d’Etat, un coup demain pour la régularisation d’une jeune serbe, Aurore. Damien, incapable de formuler cette demande à  un père fuyant et lorgnant outrageusement vers un jeune éphèbe asiatique dans le restaurant où il a donné rendez-vous à son fils, va mentir pour avoir la paix avec sa femme. Ce qu’il apprend plus tard, c’est qu’Aurore est cette jeune fille qu’il vient de rencontrer et qui ne lui est pas indifférente. Iva l’informe là-dessus qu’elle a une liaison avec un de ses comédiens. Tout cela pourrait être un peu plat et banal, sauf qu’au milieu d’une distribution de haut vol (Kristin Scott Thomas, Isabelle Carré, Claude Rich), il y a Jean-Pierre Bacri. C’est lui Damien, le paumé mal dans sa peau, incapable de communiquer avec qui que ce soit, râleur invétéré mais qui va se lancer à l’assaut de la forteresse Hortense, puisque son père ne veut pas le faire. In fine, la rencontre entre Hortense et Damien a lieu. Sous ses allures bourgeoises, l’entretien en question  est terrifiant de vérité et nous montre dans toute sa vertigineuse profondeur la faille qui sépare les tenants du pouvoir des autres. Jean-Pierre Bacri est superlatif dans ce rôle et vaut à lui seul le déplacement. Mais cela n’étonnera personne je suppose.

Robert Pénavayre

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