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L’homme perdu

06 Juil Publié par dans Cinéma | Commentaires

« Adieu Berthe (l’enterrement de mémé) », un film de Bruno Podalydès

Sur le pitch d’obsèques qui partent en vrille, version comique, Frank Oz signa en 2007 un vrai chef d’œuvre d’humour aussi british que corrosif : Joyeuses funérailles. C’est sur ce terrain que se retrouvent les frères Podalydès, Bruno à la réalisation, au scénario et devant l’écran, Denis au scénario et dans le rôle principal. Une vraie histoire de fratrie. Mais là où le Britannique nous avait fait hurler de rire, le Français, tout en gardant une vision poétique et légère, sensiblement décalée de l’évènement, se sert du pitch en question pour nous tracer l’histoire d’un mec, Armand. Et il n’est rien de dire combien le mec en question est totalement paumé. Entre la pharmacie qu’il tient avec sa femme et les tours de magie qu’il fait avec sa maîtresse, il ne sait plus sur quel pied danser. La situation se complique d’une seconde à l’autre lorsqu’il apprend que sa mémé est morte dans une maison de retraite dont il ignore tout. En fait, il avait complètement effacé de sa vie  cette aïeule qui, pourtant, avait eu une vie sentimentale très riche et fort émouvante. Cela, il va l’apprendre en découvrant le passé d’icelle. Entre temps, deux sociétés de pompes funèbres vont se disputer l’organisation de la crémation… Mi-figue, mi-raisin, ce film nous laisse entre deux eaux. D’une part, celle d’une nostalgie bien compréhensible chez cet être lunaire, sensible, artiste aussi. D’autre part, une vis comica d’une noirceur jubilatoire qui en dit long sur le business du deuil. Et à vouloir trop embrasser… Résultat, un sentiment de confusion, malgré quelques belles échappées qui ne suffisent pas à donner une cohérence à ce film. Malgré aussi un casting qui aurait pu faire un malheur : Denis Podalydès, Valérie Lemercier, Isabelle Candelier, ainsi que des seconds rôles de première volée : Michel Vuillermoz, Judith Magre, Michel Robin et Pierre Arditi entre autres. Excusez du peu ! Encore aurait-il fallu qu’ils aient un peu plus de grains à moudre.

Robert Pénavayre

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