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Haydn au c(h)œur du programme

18 Avr Publié par dans Musique classique | Commentaires

La prochaine série de concerts d’abonnement de l’Orchestre de Chambre de Toulouse place en effet Joseph Haydn au centre d’un programme musical riche de son classicisme. Entouré de Sammartini et Mozart, le grand inventeur de formes musicales sera représenté par l’une de ses œuvres les plus émouvantes qui soient, l’oratorio « Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze » (Les Sept Dernières Paroles de notre Sauveur sur la croix).

La longévité de Joseph Haydn, exceptionnelle pour l’époque, fait de ce génial compositeur l’élément charnière qui couvre toute la période classique, reliant ainsi l’époque baroque et les prémices du romantisme. Du haut de ses 77 ans, à comparer aux 35 années de courte vie de Mozart, il a connu l’apothéose baroque et fut le professeur de Beethoven !

Le thème des Sept Dernières Paroles du Christ a inspiré à Haydn plusieurs partitions successives. Une commande venue d’Espagne est à l’origine de la série. Cette commande concernait une musique purement instrumentale destinée à illustrer ces divines paroles. Composée d’abord pour orchestre et créée à Cadix en 1786, cette œuvre fut ensuite transcrite par Haydn lui-même pour quatuor à cordes. Elle fut suivie par une version pour piano, seulement approuvée par le compositeur. Au début de septembre 1795, Haydn se chargea d’adapter un texte sur sa propre musique et d’en faire un oratorio. Il s’adressa pour cela au baron Gottfried van Swieten qui réalisa plus tard les livrets des deux oratorios majeurs La Création et Les Saisons. Dans toutes les versions existant sur ce thème, Haydn réussit une véritable gageure. Il anime d’une stupéfiante diversité les sept parties centrales qui sont toutes des mouvements lents. Seule l’introduction et le final Terremoto, illustrant le tremblement de terre, échappent à cette particularité. Chacune des Paroles, à l’exception de la cinquième, est précédée d’une déclamation pour chœur à quatre voix a cappella énonçant la Parole elle-même.

L’Orchestre de Chambre est rejoint pour l’occasion par le Chœur de l’Escale Chromatique. Dirigée par Samuel Crowther, par ailleurs claveciniste de l’orchestre, cette formation à géométrie variable collabore à différents projets. Après avoir participé à plusieurs programmes autour du répertoire baroque (Dido & Aeneas de Henry Purcell, Cantates de Johann-Sebastian Bach, Missa dei Patri de Jan Dismas Zelenka), il aborde le répertoire romantique (un programme autour du Via Crucis et de l’Ave Maria de Liszt avec le pianiste Denis Pascal) ainsi que la période classique, avec cette nouvelle collaboration.

L’exécution de cette œuvre majeure sera précédée de celle du Concerto Grosso op. 5 de Giovanni Battista Sammartini, l’un des musiciens les plus célèbres de son époque, animateur de la vie musicale de Milan : organiste, maître de chapelle, directeur d’académie. Parmi ses élèves, on note le compositeur autrichien Christoph Willibald Gluck. Elle sera suivie de l’un des chefs-d’œuvre sacrés de Mozart, son Ave Verum Corpus pour chœur et cordes. Très courte, cette partition n’en constitue pas moins, avec le Requiem, l’œuvre sacrée la plus emblématique de Mozart.

Serge Chauzy
Une Chronique de Classic Toulouse

mardi 24 avril au Phare de Tournefeuille
jeudi 26 et vendredi 27 avril à St-Pierre des Cuisines

Réservation

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